Véhicules d’occasion – Marché : Un nouveau cadre juridique s’impose

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Pour des raisons budgétaires, les consommateurs s’orientent vers les modèles d’occasion plutôt que vers le neuf. Cependant, une réglementation de ce secteur s’avère incontournable pour protéger davantage les consommateurs.

Aidé par une conjoncture difficile marquée par une baisse du pouvoir d’achat et de nombreuses incertitudes, le marché de l’occasion a le vent en poupe particulièrement avec la crise des semi-conducteurs. La plupart des concessionnaires du neuf sont confrontés à d’innombrables contraintes pour répondre aux besoins de leurs clients. Acheter une voiture neuve auprès des concessionnaires, demande au moins deux mois pour sa livraison, et le délai peut s’allonger au-delà de six mois pour certaines marques ou versions. A l’inverse, un véhicule d’occasion est disponible dès son achat.

Comme il est possible de se procurer le véhicule de ses rêves avec les mêmes options qu’un véhicule neuf à un prix largement moins cher. C’est dire qu’une voiture d’occasion récente vendue à un prix avantageux est donc plus accessible qu’un modèle neuf. Pour résumer, acheter un modèle d’occasion est la solution adéquate pour le consommateur en attendant que les effets de la crise sanitaire se stabilisent.

Au Maroc, le marché du VO est en voie d’enregistrer un nouveau record après celui réalisé en 2021 où le nombre de mutations a atteint 662 031, soit un bond de 34,32% par rapport à 2020 ou 15,91% comparé à 2019. Le précédent record avait été établi en 2018 avec 590 310 unités écoulées.

C’est dire que ce business est très juteux, et qu’il est investi par beaucoup de professionnels dont la plupart opère dans l’informel. Face à cet essor, le gouvernement est appelé à procéder à une réorganisation de l’activité à travers un cadre juridique, à l’image de ce qui se passe à l’international.

Même si cette filière est de plus en plus investie par des opérateurs adossés à des distributeurs agréés ou à des garagistes dont les prestations répondent aux normes, force est de constater que les intermédiaires (samsars dans le jargon de la profession) ont la mainmise sur l’activité.

Animés par le gain facile, ces «samsars» concrétisent rapidement leurs opérations aux dépens de la déontologie, et en faisant fi des intérêts de l’acheteur ou du vendeur.

«Malgré la percée du digital et la multiplication des sites Internet spécialisés en automobile, les intermédiaires demeurent omniprésents dans le marché de l’occasion. Il existe de toutes les couleurs. Certains ont une expérience et un savoir-faire solides, et sont corrects dans leurs transactions. D’autres, en revanche, opèrent avec des méthodes malsaines qui portent préjudice aux clients. C’est aussi le cas pour les commerçants du VO. Il est temps d’organiser l’activité à travers un cadre juridique spécifique», indique Driss Ait Ouguer, garagiste à Casablanca.

En effet, le marché du VO a ses codes et ses pratiques qui revêtent parfois un aspect frauduleux. Les médias relatent de temps à autre des affaires d’arnaque ou de vol et le plus souvent les véhicules proposés à la vente ne sont pas certifiés.

Il est donc indispensable de renforcer la législation en vigueur particulièrement au niveau de la démarche administrative pour que les transactions par procuration soient strictement réglementées. Il est également utile que la visite technique soit plus approfondie et que l’acheteur soit en possession d’un certificat sur l’état réel du véhicule.

S’inspirer des expériences réussies à l’international

Plusieurs pays ont lancé des lois spécifiques pour protéger le consommateur du marché du VO. En France, tout un dispositif est mis en oeuvre. Le vendeur est obligé de fournir un contrat écrit à l’acheteur dans le but de limiter les arnaques et les fraudes qui sont présentes dans ce secteur. Au-delà du contrat écrit, une plateforme baptisée Histovec est également instaurée pour enregistrer les historiques de chaque voiture d’occasion.

Outre la plateforme, il existe un registre national qui regroupe toutes les données d’un véhicule. En effet, ce répertoire relève tout évènement ou réparation effectuée sur la voiture du plus important au moins insignifiant. Quel que soit le professionnel qui prend en charge la voiture, il est obligé d’annoter le registre. Les informations relatives aux acheteurs successifs, la mise en circulation et les accidents causés par la voiture y sont également consignés. Ayant fait ses preuves déjà en Belgique, ce système assure une meilleure traçabilité du véhicule d’occasion et sécurise son acheteur.