Spécial Logistique  : Les stratégies gagnantes de l’AMDL

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Maillon essentiel de la politique de développement économique du Maroc, le secteur du transport et de la logistique bénéficie depuis 2010, d’une vision stratégique des plus ambitieuses. Sous l’impulsion de l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL), la stratégie nationale de la compétitivité logistique a porté ses fruits. Et les perspectives sont globalement encourageantes.

Du fait de la spécificité du tissu économique marocain, composé à plus de 90% de PME, le transport de marchandises et la logistique sont globalement anachroniques lorsqu’ils sont gérés en interne. Ce sont essentiellement les opérateurs publics qui impulsent l’élan de modernité au sein du secteur.

En effet, depuis le lancement de la Stratégie nationale de la compétitivité logistique, la plupart des avancées enregistrées en termes d’infrastructures (portuaires, ferroviaires et routières), d’immobilier logistique, ou encore de gestion de flottes, sont le fait d’acteurs publics tels que l’ONCF, ADM, TMSA (Tanger-Med), mais aussi MedZ (filiale de la CDG) et la Société nationale du transport et de la logistique (SNTL).

En sa qualité de bras opérationnel du ministère de l’Equipement, des Transports et de la Logistique, l’AMDL a lancé divers partenariats avec des opérateurs publics et privés afin de répondre de manière idoine à l’augmentation des flux de marchandises, mais aussi dans le dessein de réussir la mutation logistique du pays. Maints leviers de développement ont été activés dans ce sens et cela s’est traduit par une progression soutenue du secteur. 

Dans un rapport publié en juin 2016 par l’AMDL, il est indiqué que le chiffre d’affaires global des entreprises opérant dans le secteur de la logistique et du transport de marchandises a atteint près de 21 milliards de dirhams en 2014, tandis que la croissance annuelle moyenne a été de l’ordre de 5,2% entre 2010 et 2014. C’est donc une lapalissade que de dire que la Stratégie logistique nationale a mis le secteur sur les bons rails. 

Développement des infrastructures routières

Les avancées sont notables, notamment en matière des plateformes de stockage, de plus en plus nombreuses et de mieux en mieux gérées, mais aussi en matière de transport routier, activité qui concentre 75% des activités de transport de marchandises (hors phosphates) au plan domestique et qui a su tirer profit du développement des infrastructures et, plus particulièrement, de la consolidation du réseau routier et autoroutier.

Le ministère de tutelle a lancé, début 2015, une étude destinée à mettre en place un Schéma national des infrastructures routières (SNIR) à l’horizon 2035. Ce projet est mené en parallèle avec le Plan routier 2035, établi lui aussi en 2015, par la Direction des routes. Pour rappel, à fin 2015, le réseau routier approchait les 60 000 kilomètres, dont 1 800 km d’autoroutes.

En plus des efforts consentis pour mettre à niveau l’activité de transport de marchandises par route, les autorités publiques visent à remplacer le régime d’autorisation par celui de déclarations et par le recours aux cahiers des charges. Du reste, le renforcement de la coopération avec les partenaires étrangers dans le domaine du transport international par route est un autre axe stratégique mis en place par l’Etat. 

Les professionnels du secteur ont également profité du déploiement tous azimuts, ces dernières années, des systèmes d’information dédiés au transport et à la logistique. En effet, le marché de l’équipement informatique et du digital a enregistré une hausse de près de 40% au cours des 5 dernières années chez lesdits opérateurs.

Les défis de la digitalisation et de l’écologie

Cependant, beaucoup reste à faire en la matière, puisque seules 10 à 15% des entreprises du secteur ont investi dans des solutions digitales et dans les nouvelles technologies de l’information.

A en croire les derniers chiffres transmis par l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique (OMCL), organisme mis en place fin 2013 dans le cadre d’un partenariat avec la CGEM pour le suivi de l’implémentation de la stratégie nationale, l’investissement annuel, notamment dans des outils comme les systèmes d’information de gestion de transport (Transportation Management System), n’excède pas les 50 millions de dirhams.

L’intensification de la digitalisation est, à n’en point douter, un des enjeux essentiels que devra relever le secteur de la logistique et du transport dans les années à venir.

Le renouvellement du parc roulant est un autre domaine dans lequel les professionnels se doivent de progresser. Près de 20% des camions circulant sur nos routes sont âgés de plus de 20 ans, ce qui a une incidence négative non négligeable en matière de sécurité routière, mais également en termes de consommation de carburant et, last but not least, de pollution atmosphérique.

Selon les dernières études concernant le bilan carbone du tissu économique national, il ressort que l’impact des activités du secteur de la logistique sur les émissions globales de gaz à effet de serre au Maroc est de l’ordre de 11%. Le transport de marchandises pèse pour moitié dans cet impact néfaste. C’est le principal pollueur, loin devant les activités d’entreposage. Et c’est le transport routier qui récolte  le «bonnet d’âne», concentrant, dans le domaine de transport de marchandises, près de 57% du «mix» par sous-secteur.

A ce propos, une initiative de grande ampleur a été lancée par l’AMDL, en partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Baptisée Moroccan Green Logistics (MGL), cette initiative a donné lieu à un Side Event lors de la COP22, événement lors duquel pas moins de 66 organismes publics et privés ont signé la  Charte marocaine en faveur de la logistique verte (voir encadré).

«La logistique est l’un des rares secteurs permettant une convergence étroite entre efficacité économique et développement durable», indiquait, à l’époque de la ratification de cette charte, Younes Tazi, directeur de l’AMDL, à nos confrères de Finances News Hebdo.

Objectif logistique verte !

Les efforts conjoints déployés par l’AMDL et la CGEM visent à sensibiliser les différents acteurs du secteur de la logistique sur les objectifs de développement durable ciblés par le Royaume et sur l’importance de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

En signant la  Charte marocaine en faveur de la logistique verte, opérateurs logistiques, gestionnaires d’infrastructures, institutionnels, professionnels de la formation, de la R&D, fédérations et associations professionnelles se sont engagés à respecter les objectifs environnementaux fixés dans le cadre de cette charte et de la stratégie nationale intégrée de développement du secteur logistique à l’horizon 2030. Celle-ci préconise, à cette échéance, une réduction de l’ordre de 35% de l’empreinte carbone résultant du transport routier de marchandises. Pour y parvenir, l’AMDL encourage le développement de plateformes logistiques favorisant la gestion mutualisée des flux de marchandises. Elle incite aussi les entreprises à utiliser du matériel recyclable, à rajeunir leur flotte automobile et, plus globalement, à recourir à des actions collaboratives permettant l’utilisation de modes de transport plus respectueux de l’environnement. Elle organise par ailleurs des formations en écoconduite à l’attention des chauffeurs.

Toujours dans le dessein d’encourager les professionnels à réduire leur impact environnemental et à arpenter la voie du développement durable, l’AMDL a mis en place le label Green Logistics, qui vise à récompenser les meilleurs élèves du secteur en matière d’écologie. Il a été attribué pour la première fois dans le cadre des Moroccan Logistics Awards, événement annuel dont la première édition a eu lieu en mai dernier et qui honore les opérateurs logisticiens les plus innovants. Et c’est le laboratoire Zenith Pharma, basé à Agadir, qui a eu l’honneur de le décrocher grâce à la mise en place d’une démarche écosourcing.

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