Sécurité routière : Les accidents coûtent 1,7% du PIB du Maroc

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Le coût socioéconomique annuel des accidents de la route au Maroc est estimé à environ 19,5 milliards de dirhams, soit 1,7% du PIB du Royaume.

L’étude du coût socioéconomique des accidents de la circulation est «très complexe». Le coût d’un décès résultant d’un accident de la route au Maroc s’élève aujourd’hui à environ 3 millions de dirhams.
Les efforts considérables consentis en matière de sécurité routière au Royaume, depuis la mise en place de la stratégie nationale de la sécurité routière en 2003, suivie d’une deuxième stratégie pour la période 2017-2026, visent à réduire de moitié le nombre de décès au niveau des accidents de la circulation.

«L’objectif est loin d’être réalisé, avec seulement une baisse de 4% comparativement à l’année de base de la stratégie», a déploré Benaceur Boulaajoul, Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA). Et d’ajouter qu’un travail énorme est encore à mener dans ce sens.

Le DG de la Narsa qui s’est exprimé dernièrement à l’occasion de la Journée internationale de la sécurité routière, a également souligné que «la sécurité routière est un chantier qui devrait impliquer toutes les parties prenantes, notamment les secteurs privé et public et la société civile. Le point fort du Maroc dans la gestion de la sécurité routière se matérialise par une collaboration étroite entre l’ensemble des acteurs concernés».

La création de NARSA témoigne aussi du travail institutionnel mené par le Royaume dans ce sens, a-t-il dit, relevant que l’agence mène un travail énorme et qu’elle a pu réaliser des résultats honorables, notamment en maîtrisant la sinistralité. Pour sa part, la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Maroc, Maryam Bigdeli, a affirmé que la sensibilisation à la sécurité routière est l’affaire de tous, et qu’elle nécessite une approche globale et multisectorielle, au regard de la multitude d’acteurs qui doivent être sensibilisés à ce fléau.

Elle a également mis en exergue l’impact des accidents de la route sur les services d’urgence et les besoins en sang, d’où l’impératif d’avoir un service d’urgence de qualité, appelant à fournir davantage d’efforts, non seulement en matière  d’investissements en infrastructures, mais également dans la formation des médecins d’urgence.

De son côté, le Directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance, Bachir Baddou, a fait savoir qu’environ 11 milliards de DH d’indemnisations ont été versées en 2019, dont 35% destinés aux dégâts matériels. De même, il a fait état d’une très forte amélioration observée ces dernières années, à cause de la transformation d’un nombre d’accidents corporels qui deviennent de plus en plus matériels, expliquant que la proportion du nombre d’accidents matériels augmente par rapport au nombre d’accidents qui entraînent des décès, grâce notamment aux efforts menés par l’agence NARSA.

Le spécialiste principal des transports au sein de la Banque mondiale, Mark Navelais, a affirmé que la sécurité routière fait partie des gros agendas transversaux que la BM promeut à travers toutes ses opérations, rappelant la mise en place par la Banque d’un fonds global de la sécurité routière, où des montants conséquents ont été mobilisés en faveur des activités relatives à la sécurité routière.