Renault Estafette : L’utilitaire des «Trente glorieuses»

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C’est un véhicule qui a une place historique très particulière chez Renault et aussi dans le segment de l’utilitaire. Maniable, rationnelle, sobre et spacieuse, Estafette s’est forgée une image de compétitivité chez les professionnels.

L’industrie automobile a connu un véritable essor après la Seconde guerre mondiale. L’intérêt pour les véhicules utilitaires avait pris une nouvelle dimension, notamment pour accompagner les besoins des entreprises et des professionnels animés par la forte dynamique des «Trentes glorieuses». C’est lors de cette époque et plus précisément à la fin des années 50 que Renault avait lancé Estafette, son célèbre fourgon, qui allait connaître un succès retentissant au cours d’une carrière qui aura duré plus de 20 ans. En dépit de la concurrence féroce que se livraient d’autres véhicules, tels Citroën Type H ou Volkswagen Combi, plus de 533 000 exemplaires furent écoulés.

Cette réussite est due en partie à l’architecture révolutionnaire du véhicule. C’est la première traction avant de la marque au losange. Pour assurer plus de poids et de volume au véhicule, les ingénieurs du constructeur français ont réussi à libérer la partie arrière de tous les organes mécaniques. Une option qui a séduit les clients. «L’Estafette est vraiment le véhicule de livraison sur mesure», lançait la publicité de promotion du véhicule à l’époque. Elle est maniable, rationnelle, sobre et spacieuse, précisaient les affiches.

Techniquement, elle était équipée dans un premier temps d’un moteur de 845 cm3 fournissant 32 ch emprunté à Dauphine. Ce moteur a connu quelques ajustements pour s’adapter à la nouvelle configuration. En 1962, Estafette sera dotée d’un moteur Sierra délivrant une puissance revue à la hausse pour culminer à 45 ch et permettre une charge utile de 800 kg. Cette charge va atteindre 1 000 kg avec un moteur de 1 289 cm3.

Estafette Alouette donnera une nouvelle image au fourgon. Polyvalente, elle sera sollicitée par plusieurs types de clients qui ne sont pas nécessairement des professionnels. En 1968, le véhicule connaîtra un profond restylage avec un nouveau moteur, nouveau tableau de bord et de nouveaux pare-chocs.

Le fourgon aura le mérite de sortir le segment de la couleur grise qui le caractérisait. Pour la première fois, les véhicules de la catégorie vont adopter des couleurs vives. Des dérivés vont alors se succéder et la gamme sera élargie. Assimilé à un couteau suisse, Estafette cumule les versions autant que les corps de métier. Il va équiper la police, la gendarmerie, les pompiers, les ambulanciers et d’autres services publics. Son rapport qualité/prix compétitif va lui permettre de décrocher facilement plusieurs marchés publics.

Au Maroc, «Stafet» est l’appellation générique des fourgons toutes marques confondues. Le véhicule sera adopté au cours des années 60 et 70 par plusieurs administrations, notamment les forces auxiliaires. De couleur verte foncée, Estafette était synonyme de répression et d’arbitraire, une image qui fait partie intégrante des années de plomb.

Estafette prendra sa retraite en 1980 laissant sa place à Renault Trafic qui héritera de son esprit.

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