Opel : La marque à l’éclair

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Opel a, à son actif, 160 ans d’histoire en tant que marque, dont 123 ans en tant que constructeur automobile. Son passage sous le giron de General Motors en 1929 lui a inculqué un certain style américain sans faillir à l’esprit germanique.

Au commencement, Opel était une petite manufacture de machines à coudre puis de bicyclettes. Son initiateur, Adam Opel, a démarré son activité en 1862 dans un simple garage qui va être transformé en usine. A la suite du décès d’Adam en 1895, sa femme et ses enfants vont reprendre le flambeau.

Sous l’effet de la crise, la société a été contrainte d’investir de nouveaux débouchés d’où son orientation pour la fabrication de voitures. Les deux frères Fritz et Wilhelm Opel ont procédé en 1899 au rachat d’une licence de production et d’une usine à Friedrich Lutzmann. Aussitôt, ils ont lancé des lignes de montage de voitures. La nouvelle firme est baptisée «Opel Patent Motor Car». En 1909, la «Doktorwagen» connaît un vrai succès. Cette Opel 4-cylindres huit chevaux est plébiscitée car elle coûte deux fois moins cher que ses concurrentes et s’avère robuste et fiable.

Au fil des ans et plus précisément en 1914, Opel deviendra le premier constructeur en Allemagne. La marque propose une large gamme de produits dont 19 berlines et quatre modèles de sport. La Première Guerre mondiale va pousser le constructeur à renforcer sa présence dans le segment des véhicules utilitaires. Et c’est à partir de 1924, qu’il passera au modèle de production à la chaîne. La crise de 1929 marquera un tournant pour le constructeur, car la famille Opel va céder 80% du capital de l’entreprise au géant américain General Motors avant de vendre le reste quelques années plus tard. L’injection de nouveaux capitaux, l’extension et la modernisation des sites de production, le lancement d’une gamme quasi américanisée dotée de moteurs puissants et fiables ont donné une nouvelle impulsion à la marque. Commence alors une période de gloire.

A partir de 1935, elle devient la première firme allemande avec 100 000 véhicules produits par an. Deux ans plus tard, elle sera la première au niveau européen devant Citroën et Peugeot. Parmi les modèles phares ayant contribué à cet essor, figure l’Opel Kadett lancée entre 1937. Doté d’un moteur de 1074 cm3 fournissant 23 ch, ce véhicule pouvait atteindre une vitesse de 90 km/h.
A cause de la Seconde Guerre mondiale, sa production sera interrompue en 1940. Mais elle inspira d’autres modèles comme Moskvitch fabriquée par les Soviétiques ou la Juvaquatre de Renault.

Adam Opel

Opel Kadett aura droit à une nouvelle vie à partir de 1962 avec le modèle A, qui sera produit à 649 512 exemplaires. Ce véhicule était doté de deux motorisations 1.0 de 40 ch et 1.0 S de 48 ch. Opel Kadett B sera lancée entre 1965 et 1973. Elle fut disponible dans de nombreuses versions : berline 2 ou 4 portes (avec transmission automatique ou manuelle), break (2 ou 4 portes). Le modèle proposait une large gamme de motorisations allant de 993 cm3 à 1897 cm3 et une puissance de 48 ch à
106 ch. Les générations vont se succéder avec la Kadett C, D et E.

Adopté en 1962, le logo de la marque fait référence à l’éclair (Blitz en allemand). Le constructeur s’est inspiré du camion Blitz connu pour sa fiabilité et sa robustesse, issu de la même marque, lancé en 1936 et produit en grande quantité au cours de la Deuxième Guerre mondiale. C’est ce qui explique qu’Opel est appelée la marque à l’éclair.

A partir des années 2000, le constructeur connaîtra des difficultés financières et commerciales importantes. Les dettes vont s’accumuler poussant General Motors à céder la marque au groupe PSA qui, après sa fusion avec FCA en 2021, deviendra Stellantis.