Chronique : Migration à rebours

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Les jours du moteur diesel sont comptés. Plusieurs gouvernements européens ont d’ores et déjà décidé de mettre un terme à la circulation des voitures diesel en centre ville, en attendant son interdiction pure et simple qui devrait probablement intervenir dans quelques années.

Pour atténuer le verdict, les défenseurs du diesel ne cesseront jamais, malgré les assauts des ayatollahs de la cause écologique, de mettre en évidence les avancées technologiques des nouveaux blocs diesel : plus propres, plus efficaces et moins polluants. Sans parler de la situation socioéconomique qui surgirait après l’arrêt de dizaines de milliers d’emplois en Europe.

Larbi éprouve beaucoup de compassion pour les prolétaires européens menacés de chômage, et se soucie encore plus du sort des 500 millions de voitures diesel mises au ban. Dès l’entrée en vigueur des lois interdisant le diesel, il faudra alors très vite trouver un lieu où stocker cette masse colossale d’acier. Vous pouvez me croire, il y en a assez pour occuper la moitié du territoire d’un pays comme la Belgique !

Ensuite, il faudra s’en débarrasser. Le plus simple serait peut-être de les recycler, en les jetant dans les passoires des ferrailles. Cette solution, fusse-t-elle la plus propre, écologiquement parlant, ne rapporte- rait pas plus de quelques misérables euros par bagnole. Mais la situation serait telle qu’il faudra absolument les «liquider». De mon côté, je ne suis pas si sûr que les proprios opteront pour cette option, surtout ceux qui possèdent des voitures haut de gamme.

Par contre, les revendre ailleurs dans des pays du tiers monde bien sûr même à un tarif dérisoire, serait une aubaine. Car dans ces pays, y compris au Maroc, on est plutôt friand des bagnoles ayant circulé en Europe. Nul n’ignore que nombreux sont ceux qui croient dur comme fer que les caisses destinées au marché européen sont meilleures que celles exportées à nos contrées… N’oublions pas non plus qu’il existe d’ingénieux commerçants de voitures d’occasion, capables de vous dénicher la bonne affaire pour une bouchée de pain. Forcément lucrative, malgré les droits de douane.

Et voilà qu’il faudra, une fois de plus, composer avec l’émigration massive des caisses diesel européennes vers le continent africain. Autant dire que les deux continents ne cesseront jamais de s’enliser dans la question migratoire.

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