Chronique : L’AIVAM s’emmêle les pinceaux

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C’est un scandale sans commune mesure ! Les responsables de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc roulent les épaules, en imposant un monopole sans partage sur la quasi-totalité des activités afférentes à l’automobile. La dernière hégémonie en date consiste à confisquer les Trophées de l’automobile, initiés et organisés par Autonews, depuis plus d’une décennie. C’est du moins ce qui fut décrété par l’AIVAM, à l’issue de la réunion pour la création d’un événement similaire, dont on vous transcrit mot par mot quelques points parmi bien d’autres :

  • L’événement est unique et est organisé par l’AIVAM…
  • Les membres s’engagent à ne participer à aucune autre manifestation similaire ni à d’autres manifestations automobiles en dehors de celles organisées par l’AIVAM…

On comprend par là que le droit d’univocité dont se sont autoproclamés les décideurs de l’AIVAM, implique qu’aucun organisme de presse, personne physique ou morale, association, organisation, entreprise privée ou publique… n’a plus le droit d’organiser un concours automobile au Maroc. Ce qui dénote d’une gigantesque entrave au droit à la concurrence. Sinon comment peut-on justifier l’interdiction de participation à n’importe quel concours automobile, à l’ensemble des importateurs qui exercent librement leur droit de commercialiser des véhicules au Maroc. Mais la vérité est ailleurs !

L’objectif revendiqué en apparence dissimule bien d’autres cruels tours de passe-passe. D’ailleurs, cette décision abusive a suscité étonnement et inquiétude chez la plupart des médias nationaux. Effrayés de voir une association stigmatiser un confrère et piétiner le droit à la concurrence, ils sont rapidement montés au créneau.

Or voilà, la presse n’est pas la seule victime, il y en a bien d’autres parmi les acteurs du secteur :

  • Tous les événements automobiles pouvant intéresser l’ensemble des membres tels que «Salon du 4×4, Salon du SUV, Salon du taxi, Salons dédiés aux loueurs… Salons de l’occasion» seront dorénavant organisés par l’AIVAM et sous l’égide de l’AIVAM…

Ce dernier point résume comment un monopole sans vergogne s’enveloppe d’un délirant autoritarisme économique.

Et bien sûr ce scandale s’accompagne d’une multiplicité de bavures éthiques: certains membres du comité de pilotage s’emmêlent complètement les pinceaux, en utilisant des adresses mail professionnelles d’un honorable importateur automobile. On aimerait bien savoir si les actionnaires de cette entreprise cotée en Bourse sont d’accord avec ce genre d’agissements.

Ce qui se passe aujourd’hui avec les dirigeants de l’AIVAM rappelle la maxime d’Adam Smith : «Tout pour nous, rien pour les autres».

Sauf qu’aujourd’hui, nous ne sommes plus à l’époque féodale. Le leadership ne consiste plus à stigmatiser les partenaires, arracher leur gagne-pain, ou encore vilipender des acteurs en position fragile. Faire du business et défendre ses intérêts, oui, c’est légitime, mais à condition de jouer propre. Justement, c’est ce que savaient faire les précédents présidents de l’AIVAM plutôt imbus de sagesse, comme Si Abdellatif Ajana, Mohammed Laghouati, Abderrahim Benkirane…

Malheureusement, de nombreux acteurs du secteur automobile regrettent le temps béni quand les présidents de l’AIVAM ressemblaient encore à des présidents et non pas comme aujourd’hui…

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