Chronique de Laarbi : L’AIVAM cumule les ratages

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Source : AIVAM

A défaut de se marrer du simili-concours organisé par l’AIVAM pour élire, la soit-disant, voiture de l’année, il y a vraiment de quoi s’inquiéter lorsqu’on jette un coup d’œil sur les statistiques de ventes automobile. Les chiffres font froid au dos, le marché de l’automobile est en train de couler (-6,45%), en 2019, plombé par l’effondrement de la demande sur les voitures de tourisme (- 9,13%). Cette situation désastreuse devient pandémique en ce début d’année 2020, le marché du VP continue de dégringoler (-3,61%). Comment un business, jadis si florissant avec une croissance permanente, est-il allé vite fait à vau-l’eau ? Il y a forcément quelque chose d’incohérent dans cette énigme qui incite l’observateur à chercher les raisons sous-jacentes. Et voilà ce que Laarbi en pense. C’est-à-dire, à peu près, ce que tout le monde sait !

Le grand malheur du marché automobile national, c’est que les dirigeants de l’AIVAM mettent la charrue devant les bœufs : au lieu d’œuvrer pour le meilleur du marché en engageant des actions concrètes auprès des autorités compétentes, stimuler le marché, créer la demande… ils ne cessent, au contraire, de faire la promotion du Salon de l’automobile (programmé pour juin 2020). Histoire de jouer la montre, de remettre à plus tard le travail qu’ils auraient dû engager. Du coup, la situation devient intenable ! Les clients reportant inexorablement leur décision d’achat, la plupart des importateurs restent otages d’une situation épouvantable. D’un rendez-vous réjouissant, le Salon tient lieu, désormais, d’une triste échappatoire.

En attendant, voyons ce que font les dirigeants de l’AIVAM ? Absolument rien, nada, walou, sinon des bidouilles inutiles, genre organiser un simili-concours de Voiture de l’année, duquel les automobilistes marocains sont entièrement exclus, et encore. Si seulement cette élection respectait les conditions de présélection, établies par les organisateurs eux-mêmes, n’autorisant que les nouveaux modèles au prix inférieur à 400 000 DH… Le comble de l’ironie est que la voiture gagnante réclame un tarif d’attaque de 464 000 DH, qui plus est une berline à moteur essence, de haut standing, vendue au Maroc en quantités très confidentielles. La belle affaire !

Il n’y a rien d’étonnant qu’une familiale premium gagne un concours. Sauf que, lorsqu’elle ne dispose que d’une motorisation essence ou hybride, sachant que la diésélisation du marché marocain tourne autour de 92%, on comprend que ce concours n’a rien à voir avec la réalité du marché marocain. Autre incohérence, lorsqu’on organise un concours automobile, à la rigueur on tient compte du point de vue du grand public qui achète ces voitures, en lui donnant la possibilité de voter directement sur le Web… Mais les responsables de l’AIVAM n’en ont cure. Ultime degré de déni de réalité !

Cette histoire rocambolesque prend une tangeante encore plus hilarante lors de la, soit-disant, soirée de remise des prix. Laarbi n’y était pas le bienvenu, bien sûr. Mais il en a visionné de drôles de vidéos sur le Web, où l’on voit, comme principale attraction, une nana qui, probablement venue des caraïbes, roulait des cigares sous fond de rythme Gnaoui. C’est un peu le Spleen de Casa, avec une connotation bling-bling. Défense de rire !

Avec une telle fin, les organisateurs de ce simulacre devraient être plus enclins à la modestie. Quelle déception ! Chaque fois que le secteur les attend sur un dossier sérieux, urgent, brûlant, ils bottent en touche. En tout cas, Laarbi ne les en remerciera jamais assez des blagues qu’ils organisent : ça le change un peu de la routine et ça lui donne matière à rédiger ses chroniques.

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