Audi Q8 : Grand huit émotionnel !

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En fonction du niveau de finition, l’imposant cadre de la nouvelle calandre étrennée par le Q8 peut être gris fusil, noir ou ton caisse.

Audi aura pris son temps avant de présenter son premier SUV Coupé. La marque aux anneaux effectue son entrée sur ce marché de niche dix ans après que BMW l’a inauguré avec son X6. Il semblerait, cela dit, que le Q8, «spin-off» du Q7 dévoilé début juin à Shanghai, lors d’un événement privé, a la ferme intention de rattraper le temps perdu.

Le cinquième membre en date du clan des SUV aux anneaux a un peu le… Q entre deux chaises. Il a beau s’attaquer au segment des grands SUV coupés, sa ligne de toit est moins inclinée que celle de ses rivaux frontaux, à savoir le BMW X6 et le Mercedes GLE Coupé.

Cependant, ces derniers sont coupables d’usurpation d’identité eux aussi. Leur look est plus dynamique, plus athlétique, que celui des modèles dont ils sont des extrapolations (X5 et GLE), à la faveur de leur pavillon et de leur poupe fuyants, mais ça s’arrête là. Oh, il y a bien cet autre détail qui fait dire aux «marketeurs» que nous sommes en présence de Coupés : l’absence d’encadrement des vitres de portières. Un détail présent sur le Q8, qui prend également ses distances avec le Q7 en se signalant par une silhouette plus racée et, surtout, par des faces avant et arrière autrement plus agressives. Sous certains angles, on dirait un Q7 qui aurait subi un traitement à la créatine afin d’améliorer sa masse musculaire, un Q7 plus Q-lotté…

Agressif à souhait

Néanmoins, on ne peut pas dire que le style du Q8 est surprenant puisqu’il a été préfiguré par deux concept-cars présentés en 2017, dans le cadre des salons de Détroit et de Genève, à savoir le Q8 et le Q8 Sport. Le dernier né d’Ingolstadt hérite ainsi de porte-à-faux légèrement rabotés, mais surtout d’une nouvelle calandre à la forme octogonale et au maillage inédit, ourlée d’un cadre épais qui mord et sur les optiques et sur le bouclier. D’autres modèles aux anneaux, notamment le prochain Q3, adopteront cette nouvelle calandre.

Les superbes jantes de 22 pouces du modèle de lancement, l’épaulement arrière très marqué, façon Bentley Bentayga, ou encore les montants arrière légèrement inclinés, participent au caractère sportif du Q8. Enfin, la partie arrière fait également forte impression avec sa signature lumineuse «digitale» et son bandeau noir laqué et rouge vif, qui fait la jonction entre les deux optiques et qui n’est pas sans évoquer la splendide Audi Quattro des «eighties» ou la plus récente A7 Sportback (deuxième du nom).  

En tout cas, les designers du Q8 ont su estomper, masquer, le côté baraqué, voire mastoc, les mensurations hors-normes de ce spin-off du Q7, qui est, grosso modo, aussi encombrant que ce dernier. Bâti sur la même plateforme que son frangin, la MLB Evo en l’occurrence, sur laquelle reposent également la branche aristocratique de la famille, composée des cousins Porsche Cayenne, Bentley Bentayga et Lamborghini Urus, le Q8 mesure 4,99 m de long, soit six centimètres de moins que le Q7, mais se révèle être plus large de 3 cm. Autant dire que l’habitabilité est un des atouts majeurs de l’habitacle de ce
mastodonte (empattement de 3 mètres de long, soit un centimètre de plus que le Q7), au même titre que sa présentation ultra soignée, sa qualité perçue proverbiale, ou encore sa connectivité supercoquentieuse !

Débauche de faste

Reprenant dans ses grandes lignes le mobilier du navire amiral de la marque, l’A8, le Q8 hérite d’une planche de bord et d’une console centrale organisées autour de 3 écrans. En plus du Virtual Cockpit, écran numérique de 12,3 pouces faisant office de combiné d’instrumentation et d’ordi de bord, deux écrans tactiles superposés prennent place au niveau de la console centrale. Il est ainsi possible de déplacer des icônes de l’écran du haut (10,1 pouces), interface du système d’infodivertissement, à l’écran qu’il surplombe (8,6 pouces), destiné pour sa part à la gestion de fonctions pratiques comme le chauffage, la clim’ ou la saisie de texte.   

La démonstration technologique se poursuit de plus belle quand on consulte les caractéristiques techniques du Q8. En fait, il embarque, de série ou en option, toutes les technologies étrennées par la dernière Audi A8 si ce n’est sa suspension active électrique : amortissement piloté, quatre roues directrices, suspension pneumatique à trois chambres, différentiel arrière Quattro Sport avec Torque Vectoring, chapelet de systèmes d’aides à la conduite parmi les plus évolués qui soient…   

Le différentiel central Torsen 100% mécanique de la transmission Quattro offre une répartition statique de 40/60, qui varie ensuite afin de s’adapter aux conditions d’adhérence rencontrées par chaque essieu. Cela devrait assurer au Q8 une bonne tenue sur les terrains difficiles, à plus forte raison quand le mode le plus «permissif» de la suspension pneumatique (optionnelle), qui fait passer la garde au sol de 22 cm à plus de 25 cm, est enclenché.

Il ne faut pas prendre le Q8 pour ce qu’il n’est pas, cela dit. Malgré des capacités de franchissement plus que convenables, c’est d’abord à une formidable machine à rouler (vite) que l’on a affaire. Doté d’une direction active intégrale (comme le Q7 ou l’Urus), qui imprime un angle de braquage de 5 degrés à l’essieu arrière dans le sens opposé ou parallèle aux roues avant afin de favoriser, en fonction de la vitesse du véhicule, la maniabilité ou la stabilité, mais aussi d’une crémaillère à pas variable, dont la démultiplication varie avec l’angle de braquage du volant, le Q8 devrait faire preuve d’une agilité de bon aloi.

Géant aux «pieds» agiles

Par ailleurs, malgré son gabarit conséquent, le Q8 devrait se magner le… Q, du fait de son groupe motopropulseur au-dessus de tout soupçon. Bénéficiant d’une micro-hybridation par alterno-démarreur grâce à l’adoption d’un réseau de bord 48 V, le Q8 embarquera dans un premier temps un seul bloc diesel. En effet, seule la version 50 TDI sera commercialisée cet été. Elle abrite un V6 3.0 l de 286 ch et 600 Nm. Une variante 45 TDI de ce bloc (231 ch) devrait suivre début 2019, en même temps qu’un Q8 55 TFSI, animé par un V6 3.0 l essence de 340 ch. A terme, un SQ8, fort d’un V8 TDI de 435 ch et 900 Nm, devrait coiffer la gamme – à moins qu’un RSQ8 ne voie le jour.  

Enfin, il va sans dire que le dernier modèle en date de la firme d’Ingolstadt devrait coûter la peau du… Q, exigeant quelques milliers d’euros de plus que le Q7.  

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