Aston Martin Vantage : Anarchy in the U.K.

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La rupture de style est profonde. Jamais, depuis 1993 et le lancement de l’iconique DB7, une Aston Martin n’avait autant brisé les codes, pris ses distances avec les gimmicks de la firme de Gaydon. 

La nouvelle Vantage, c’est le meilleur des deux mondes ! Son génome est un mix habile entre, d’une part, la Mercedes-AMG GT, sa cousine germaine et germanique, à qui elle doit sa mécanique et, d’autre part, les dernières productions maison : la DB11, bien entendu, mais aussi la DB10, développée spécialement pour James Bond, pour les besoins du film «Spectre», plus précisément, et la supercar Vulcan. Difficile de faire mieux comme pedigree ! 

Partageant sa plateforme en aluminium avec la DB11, cette Vantage est néanmoins une iconoclaste. Elle rompt avec ses devancières d’un point de vue stylistique. La DB11 se démarquait assez franchement déjà de la DB7, modèle qui a influencé le style de la marque british près d’un quart de siècle durant. Rien de comparable avec la Vantage, cela dit ! On a souvent reproché à Aston Martin de faire évoluer trop parcimonieusement ses modèles. Cette critique glisse sur la Vantage comme l’eau sur les plumes d’un canard… 

La nouvelle «petite» berlinette biplace de la manufacture de Gaydon s’offre une dégaine ultramoderne et sportive, marquée par l’inévitable calandre béante, plus grande que jamais et qui se distingue de celles des modèles antérieurs de la marque en s’offrant un traitement carbone et en «annexant» le bouclier, en ne faisant plus qu’un avec cet élément aérodynamique. Tout simplement «gorgeous» !

Le grand méchant look

Les feux avant de cette belle athlète anglaise sont très fins, les extracteurs disposés aux abords des passages de roues avant très ouvragés et les hanches particulièrement musculeuses. Quelle chute de reins !

La poupe se signale, pour sa part, par des feux «fluets» et reliés entre eux par un couvercle de malle qui fait aussi office de becquet et par un imposant diffuseur qui ne déparerait pas sur un proto de course et qui enserre les sorties d’échappement ovales !

A l’intérieur, l’esprit racing est un peu moins présent, philosophie de la marque oblige. Une Aston, c’est d’abord un art de vivre et une distinction à nulle autre pareille. Mais la Vantage y ajoute cependant une touche «sport-chic» bien venue. Le volant à méplat, la casquette «tripartite» au-dessus de l’instru digital, les sièges baquet sont autant de pièces d’orfèvrerie… L’écran de 8 pouces mérite des… pouces levés également, comme les aérateurs et les commandes de ventilation et des modes de conduite qu’il surplombe.

A-t-il seulement un défaut, cet habitacle, un domaine dans lequel il mérite qu’on le tacle ? Que nenni ! Même les aspects pratiques sont (plus ou moins) inattaquables, pour une berlinette, s’entend ! Le volume du coffre, par exemple, culmine à 350 dm3, ce qui est franchement pas mal dans le segment de la Vantage. Et le bolide de Gaydon dispose même d’un espace derrière les sièges, capable de recevoir des vestes, un sac à main, voire un petit sac de voyage souple.

Technique irréprochable…

Sous son long capot plongeant se terre le terrible V8 4.0 l biturbo de l’AMG GT S, un monstre de 510 ch et 685 Nm. Il est associé à une boîte automatique à huit rapports avec palettes au volant, la fameuse ZF qui fait le bonheur de bien des autos.

Ainsi armée, la Vantage côtoie les sommets de sa catégorie en matière de perfs. Même sa cousine allemande est surclassée, du fait de son poids plus élevé (1 530 kg pour la britannique, contre 1 645 kg pour la teutonne). Aston Martin annonce un 0 à 100 km/h atomisé en 3,7s et une V-max de 314 km/h (un dixième et 4 km/h de plus que la sportive à l’Etoile).

En fait, avec son différentiel électronique (jamais une Aston Martin n’avait eu droit à cet équipement), sa suspension adaptative proposant trois modes (Sport, Sport Plus et Track), sa direction à assistance électrique variable et sa répartition des masses idéale (50/50 entre l’avant et l’arrière), cette Aston, proposée à partir de 154 000 euros en Allemagne, devrait faire des misères à toutes ses concurrentes, pas seulement à l’AMG GT. La Jaguar F-Type, comme le mètre-étalon des berlinettes, la Porsche 911, sont prévenues ! D’autant qu’une variante à boîte manuelle de la Vantage devrait être proposée ultérieurement, ce qui devrait faire de l’effet aux puristes. Les sportives de plus de 500 ch disposant de trois pédales sont une espèce en voie d’extinction. Pour le moment, seules la Porsche 911 GT3 et la Chevrolet Corvette Z06 sont membres de ce club très fermé.

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