Toyota Yaris Hybride :
Le juste prix-us…

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Que reproche-t-on aux véhicules hybrides ? Le fait de faire payer au prix fort leur vertu, leur respect (relatif) de l’environnement. Mais ça, c’était avant le lancement sur notre marché de la Yaris Hybride, citadine (relativement) bon marché, qui bat en brèche cette affirmation.  

L’édition 2018 du salon auto casaoui aura été celle où Toyota du Maroc a véritablement lâché la bride à l’hybride ! La part de véhicules recourant à cette technologie a dépassé les 30% du line up exposé sur le stand de la firme d’Aichi. Et, d’après Salma Moukbil, DG de Toyota du Maroc, «le mix des ventes a grimpé à près de 30% au cours du salon, sachant que l’hybride représentait 1% des ventes de Toyota au Maroc en 2016 et qu’il est passé à 7% en 2017».

Si la Prius, celle par qui tout a commencé (quatre générations plus tôt), le C-HR, ou encore le RAV4, ont tapé dans l’œil de certains visiteurs, c’est la nouveauté majeure du stand, la petite Yaris hybride, qui a fait office de chef de file de la branche écolo de la famille. Et pour cause : c’est le modèle hybride le moins coûteux de la marque, mais aussi du marché.

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Etant donné que ce sont justement leurs tarifs haut perchés qui freinent la progression commerciale des véhicules hybrides, il n’est pas étonnant que la variante la plus propre de la troisième génération de la citadine nipponne ait vécu un beau salon et un début de carrière rêvé. Surtout que le sacrifice financier par rapport à un modèle Diesel n’est pas insurmontable.

Du fait de la promo salon canon que Toyota a concoctée (à partir de 201 000 DH, soit une ristourne de 11 000 DH par rapport au plein tarif affiché par l’entrée de gamme Lounge Plus, elle-même 20 000 DH moins chère que la finition haute (Luxe), la Yaris Hybride pouvait même rivaliser, au cours de cet événement, avec des citadines Diesel en matière de rapport prestations-prix. Dans les concessions de Toyota, le différentiel entre les hauts de gamme des Yaris thermiques (1.4 D4-D Luxe Diesel) et hybrides se chiffre à 15 000 DH. Alors oui, c’est une somme. Mais, à bien regarder, ce surcoût est on ne peut plus justifié.

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Atkinson, mais pas risible…

D’abord, sa motorisation hybride l’exonère de la vignette. Ensuite, ses coûts de révision et d’entretien sont moindres par rapport à un modèle thermique, parce qu’elle fait fi de la courroie de distribution, de l’embrayage, du démarreur, de l’alternateur, et qu’elle prend particulièrement soin de ses plaquettes de freins, eu égard à son freinage électrique. Enfin, elle en donne tout simplement plus que les modèles thermiques.

Abritant un duo formé par un 4-cylindres de 1.5 l essence de 74 ch à cycle Atkinson, cycle thermodynamique qui utilise une détente plus grande que la compression afin d’améliorer le rendement – au détriment de la puissance, et par un bloc électrique de 61 ch (alimenté par une batterie de 19 kW), pour une puissance combinée de 100 ch, la Yaris dotée de la technologie Hybrid Synergy Drive développe 10 ch de plus que la variante Diesel. Et elle peut compter sur une transmission à variation continue quand la «pollueuse» du clan doit se contenter d’une boîte mécanique à six rapports.

Du reste, parce que cette Yaris est le modèle hybride le plus léger de la famille et que, par-dessus le marché, son attelage hybride est également le plus léger (122 ch pour la Prius et le C-HR, 197 ch pour le RAV4), elle n’a pas son pareil en termes de sobriété. Elle se satisfait d’une conso mixte de 3,3 l/100 km, soit 0,3 litre de moins que la Prius. Elle rejette également un peu moins de CO2 dans la nature (78 g/km contre 82 g/km pour la grande frangine). Des données pas loin d’être miraculeuses, à mettre principalement à l’actif du système de récupération d’énergie au freinage – et de restitution à l’accélération. Cette Yaris full hybrid (non rechargeable) peut ainsi parcourir jusqu’à 3 ou 4 km et jusqu’à 70 km/h en mode 100% électrique. Selon ses concepteurs, elle peut rouler en tout électrique sur plus de 50% du temps de trajet !

Singuliers, l’instrumentation, le bouton de démarrage et le pommeau de levier de vitesse de la boîte CVT permettent de distinguer l’habitacle de cette Yaris vertueuse de celui d’une version thermique.
Singuliers, l’instrumentation, le bouton de démarrage et le pommeau de levier de vitesse de la boîte CVT permettent de distinguer l’habitacle de cette Yaris vertueuse de celui d’une version thermique.

Look écolo, mais pas trop !

Restylée pour la deuxième fois en 2017, la troisième génération de la petite Toy’ a hérité d’une calandre redessinée, marquée par deux barrettes qui prolongent sur le capot la signature lumineuse inédite des feux de jour, en Y. Elle bénéficie aussi d’un bouclier avant plus ajouré et de feux arrière qui prennent leurs aises sur le hayon. La version hybride ajoute à ces lignes plutôt attrayantes un badge écolo et de menues spécificités tant extérieures qu’intérieures, faisant ainsi grimper de quelques degrés la température (la coquine !), quand bien même elle est à l’avant-garde en matière de lutte contre le réchauffement climatique… L’allure de cette Yaris est globalement réussie, son design étant moins (volontairement) clivant que celui de la Prius et moins excentrique que celui du C-HR.

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A bord, la qualité de fabrication est honnête, le niveau d’équipements assez généreux (ordinateur de bord sur écran TFT 4,2 pouces, écran central tactile 7 pouces multifunction, etc.) et l’habitabilité dans la bonne moyenne de la catégorie. Un peu en retrait par rapport à celui qu’affichent les références du segment des citadines, le volume de chargement est pourtant égal à celui des versions thermiques (286 dm3). C’est presque un sans-faute que réalise cette petite citadine verte.

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