Taux des droits de douane :
Ce que pense le Givet de la hausse

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Les importateurs de voitures notamment asiatiques regroupés autour du Givet estiment que les hausses des droits de douane du régime commun, prévues par le PLF 2018, risquent d’avoir des effets contraires aux objectifs du gouvernement. Le groupement milite pour une équité tarifaire, qui permettra d’assurer la visibilité pour les investisseurs, de préserver l’emploi et d’instaurer une concurrence loyale dans le marché.

La mesure proposée dans le cadre du Projet de Loi des Finances (PLF) 2018 qui prévoit une hausse du régime commun de 17,5% à 20% et 25% à 30% n’est pas du goût du Groupement des importateurs de véhicules pour l’équité tarifaire (Givet). Il estime que «cette action ne peut donner les effets escomptés notamment l’augmentation de la recette douanière, la réduction de la balance commerciale et l’encouragement de la production locale».
Le groupement (Givet) a mené des simulations, externalisées à aspect neutre, pour estimer le gain fiscal de la recette douanière en cas d’augmentation du taux de 17,5% à 20%. Le résultat de ces simulations est un manque à gagner pour l’Etat de 20 millions de DH, qui est dû à une augmentation des droits d’importation de 7 millions de DH dus au relèvement du taux et à une baisse de TVA de 27 millions de DH due à une diminution du volume des importations de 10%.

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Concernant la réduction du déficit de la balance commerciale, Nasserddine Obada, Directeur général de Global Engines, importateur exclusif de la marque Hyundai au Maroc, estime que «l’augmentation des droits de douane sur les importations des véhicules de régime commun n’engendrera pas une réduction du déficit commercial, puisque l’augmentation desdits droits sera répercutée sur les prix chez ces opérateurs avec une baisse de volume des ventes. Par conséquent, les ventes perdues chez les opérateurs de régime commun seront absorbées par les opérateurs du régime de libre-échange. A cet effet, on peut conclure que la balance commerciale ne sera pas impactée mais, par contre, on peut constater une baisse des recettes fiscales, puisque les opérateurs de libre-échange sont exonérés».

S’agissant de l’encouragement de la production locale, le Givet estime que «l’augmentation des droits de douane du régime commun n’encouragera pas la production locale, étant donné que les opérateurs du régime de libre-échange sont les plus habilités à concurrencer la production locale à cause de l’exonération des droits de douane dont ils réjouissent, alors que les opérateurs du régime commun sont pénalisés par des droits de douane élevés (17,5%)». Il faut rappeler que le Givet a toujours appelé à des droits de douane fixés à 10%. Les raisons invoquées pour réduire l’écart entre le régime commun et le régime de libre-échange englobent plusieurs aspects.

«Un écart équitable permet une concurrence loyale entre les opérateurs du secteur automobile pour générer une tendance déflationniste du secteur dans son ensemble, dont bénéficiera le consommateur marocain. Il assurera une recette à l’Etat à long terme et une croissance des investissements et des emplois dans le secteur», souligne Obada.

Le Givet milite pour corriger les distorsions occasionnées par les avantages tarifaires prévues par les accords de libre-échange signés par le Maroc. Il s’agit aussi de diversifier les sources d’approvisionnement en évitant la polarisation des échanges avec les origines préférentielles.