Pagani Huayra Roadster :
Entre plaisir et délire

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Les modèles Pagani ont tout pour eux : ils ont un look canon, disposent de gros V12 époustouflants, leurs performances sont explosives et leurs tarifs défient l’entendement.

Look d’enfer, mécanique de pointe et performances dignes d’une monoplace issue de la Formule 1, la Pagani Huayra Roadster livre ses premiers secrets à la veille du Salon de Genève. Découverte.

Les modèles Pagani ont tout pour eux : ils ont un look canon, disposent de gros V12 époustouflants, leurs performances sont explosives et leurs tarifs défient l’entendement. Ils figurent naturellement parmi les rares bolides d’exception fort apprivoisés par les milliardaires, convoités par les collectionneurs…Bref, des chefs-d’œuvre dont la volupté des lignes et des volumes magnétise la jet-set mondiale. Et pour ne rien arranger, la marque italienne use et abuse d’ingéniosité pour organiser des lancements ponctués de longs épisodes d’intrigues. Les méthodes sont bien connues, on dévoile d’abord les esquisses de quelques détails, suivies par le dessin de la planche de bord ou de la silhouette, avant la révélation finale qui se tient souvent au Salon de Genève, vitrine incontournable des voitures d’exception.

La Pagani Huayra millésime 2017, version découvrable du coupé éponyme, fait tout de même une petite entorse à cette règle et se laisse découvrir bien avant le rendez-vous helvétique. Et comme il fallait s’y attendre, cette supercar est encore plus féerique que l’on pouvait l’imaginer avec son irremplaçable 6.0 l V12 de 764 ch pour 1 000 Nm, issu de la banque d’organes Mercedes-AMG. Premier frisson.

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La Huayra est d’inspiration très féminine avec ses ailes tout en rondeur et ses hanches proéminentes.

 

Formes hors-normes

Mais avant de parler de la mécanique, faisant le tour de la bête. Que dire de cette ligne extrêmement avant-gardiste ? Tout en elle respire la sportivité, depuis la large prise d’air du bouclier jusqu’aux 4 sorties d’échappement surplombant l’immense diffuseur arrière.

La Pagani Huayra Roadster est racée, puissante, féline, les adjectifs ne manquent pas pour décrire l’engin. Néanmoins, noter la différence entre le nouveau roadster et la version coupé, relève du jeu des sept différences. A l’avant, les changements sont quasi inexistants : massive et racée, la partie avant pointe toujours le bout de son inimitable mufle, encadré par des ouïes d’aération creusées de part et d’autre sur le capot ainsi que les doubles rangées de feux disposées verticalement. En revanche, le profil revisité se plie désormais aux contraintes du couvre-chef. Le roadster transalpin en offre deux pour l’occasion : un panneau amovible en fibre de carbone vitré en son centre et un toit en toile à structure en carbone. La Huayra est d’inspiration très féminine avec ses ailes tout en rondeur et ses hanches proéminentes. Pour le reste, sa silhouette dénote d’un souci de détail presque maniaque, tel que la forme des rétroviseurs extravertis sous forme de tulipes, le rappel de son patronyme sur le bouclier arrière ou encore la petite lunette translucide laissant admirer son V12 à position centrale arrière… Normal, quand on s’offre une caisse à 2,2 millions d’euros la pièce, vous l’aurez compris, on s’attend non seulement à des formes mais aussi à des artéfacts fort distinctifs.

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Artefacts de haute volée

Justement, pour y mettre les formes, la firme italienne a passé 6 ans à cogiter sur la conception du roadster. Autant dire une éternité, mais la patience finit toujours par payer celui qui sait attendre. Pagani se permet aujourd’hui d’intégrer un nouveau matériel dans ses procédés de fabrication : l’ultra-rigide carbotitane, désigné par Carbo-Triax HP52.
Ce dernier, considéré comme plus léger mais de loin plus rigide que le carbone utilisé dans la version coupé, offre à la structure du cabriolet décapité de sa partie supérieure, une inestimable résistance aux contraintes dynamiques. Cette cure d’amaigrissement s’est finalement soldée par un allègement de 80 kg sur la bascule, soit une masse totale de 1 280 kg.

La pièce maîtresse de la Huayra Roadster réside sous sa lunette arrière : le V12 6.0 l biturbo d’origine Mercedes-AMG, monté en position centrale arrière, gagne 34 ch. Au total, ce sont pas moins de 764 canassons qui catapultent le bolide à travers les 2-roues arrière. Le rapport poids/puissance est à la hauteur des ambitions sportives de cette propulsion. A ce titre, elle occupe le juste milieu entre le coupé standard de 730 ch pour 1 218 kg et sa déclinaison radicale, baptisée BC, boostée à 789 ch pour 1 218 kg. Cette mécanique de pointe s’accompagne de la boîte séquentielle à 7 rapports, associée à un différentiel électromécanique. Par ailleurs, le bolide italien adopte une flopée d’innovations technologiques, entre autres la nouvelle suspension HiForg, dont les bras sont moulés d’un seul tenant en aluminium. Ce qui contribue doublement à faire délester l’engin de plusieurs kilos et, surtout, à lui donner plus d’entrain dans les virages. Idem pour parfaire sa stabilité aérodynamique, la Huayra s’équipe de volets actifs, deux à l’avant et autant à l’arrière, lesquels travaillent de concert avec la suspension adaptative.

Ajoutons à cette panoplie bien élaborée des disques de frein en carbone-céramique (Brembo, diamètre 38 cm), et des pneus de 20’’ (Pirelli P Zero Corsa) et on obtient une bête de course capable d’encaisser une accélération latérale de 1,8 g*. Ce n’est peut-être pas suffisant pour effrayer une certaine Bugatti Chiron, plus puissante et plus racée, mais assez pour susciter l’envie du made in Italy.

Au final, la Pagani Huayra Rodster c’est plus qu’une supercar, c’est un objet d’art qui sera produit en dose homéopathique – 100 unités, toutes vendues à l’enveloppe astronomique de 2 280 000 euros. Hors taxe, s’il vous plait !

* Comme en aviation, l’accélération se mesure en g, mais à ne pas confondre avec le grand G… de la constante gravitationnelle.