Jaguar XE 2.0 i4D R Sport :
The Game CHANGER ?

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Les constructeurs allemands règnent en maîtres au sein du segment des familiales premium. Cela dit, avec son pedigree au moins aussi enviable que celui de ses rivales les plus redoutables et sa liste d’atouts longue comme un jour sans pain, cette noble british qu’est la Jaguar XE veut redéfinir les règles du… game ! Voyons si elle y parvient !

C’est reparti comme en quarante (dans le sens littéral du terme), comme au temps des joutes terribles entre les chasseurs de la RAF, les Spitfire, Halifax et autres Hurricane, et ceux de la Luftwaffe (les Messerschmitt, Junkers Ju, etc.). Depuis le lancement de la Jaguar XE, l’empoignade que se livrent Anglais et Allemands dans le segment des familiales premium pourrait laisser des traces dans les livres d’Histoire…

Défier les références du premium n’est pas une mince affaire. Beaucoup l’ont fait sans jamais apercevoir le jour, commercialement parlant, sur les catégories ou les niches dominées par le «Big Drei» allemand. Même Jaguar s’y est cassé les «griffes» avec la X-Type (2001-2009), qui n’avait de premium que ses armoiries et son look de XJ époque Lyons en réduction, puisqu’elle était développée sur une base de Ford Mondeo.

Cette fois, il n’y a aucune chance que la marque anglaise rate le coche ! Sa nouvelle berline familiale est une Jag’ à part entière. Toutes les petites contrariétés qui ont fait le malheur de la X-Type ont été corrigées.

Après avoir reluqué dans ses moindres détails, tel un satyre sa proie, la robe haute couture rouge écarlate de notre XE d’essai, une 2.0 i4D Diesel de 180 ch et 430 Nm magnifiée par les diverses prérogatives de la finition R-Sport (coques de rétros en carbone, superbes jantes au traitement noir satiné, etc.), un premier verdict tombe : bien qu’elle rende un hommage appuyé à sa grande routière de frangine, la XF, la XE a sa propre personnalité. Sa face avant et son profil sont plus agressifs, du fait de son pavillon pentu et de son capot plongeant, qui lui donnent un air de Coupé 4 portes.

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Convaincante

Il est temps de s’installer à bord. Pas pour démarrer illico, cela dit. L’heure est à la contemplation. «Pschakh 3la décor», oserais-je si le présent article était destiné à paraître sur la page Facebook d’Autonews ! Et j’aurais cliqué sur Love plutôt que sur Like…

Habituées à faire la course en tête dans le domaine de la qualité de la finition intérieure, les familiales allemandes voient débarquer un challenger redoutable avec la XE, qui fait absolument tout comme eux, tout en se prévalant d’un esprit «british» inimitable.

Sur notre voiture d’essai, les matériaux employés sont de qualité (cuir étendu, touches de chrome généreuses, inserts black piano au niveau de la console centrale) et les ajustements sérieux, tandis qu’habitabilité et dotation en équipements sont dans la bonne moyenne du segment.

Mentions spéciales aux sièges Sport enveloppants, au système multimédia, qui dispose d’une interface tactile de 8 pouces et qui s’avère rudement utile, connecté comme il faut et facile à exploiter, mais aussi à la boîte auto à huit rapports et à sa très futuriste molette de sélection de vitesses. Comme sur les grandes Jag’ et sur les Land Rover, cette dernière surgit de la partie basse de la console centrale au démarrage et se dérobe quand le contact est coupé.

Dès que ladite commande apparaît, nous la plaçons sur D, non sans sélectionner le plus fréquentable des trois modes de conduite proposés, le mode Dynamic. Nous ne doutons pas du bien-fondé de la présence des modes Normal et Eco, mais c’est sous son meilleur jour que nous voulons découvrir cette XE. Dans cette configuration, la transmission permet au moteur de prendre des tours avant d’engager le rapport suivant. Elle accepte aussi de rétrograder suite à un coup de frein précédant un virage. Pour sa part, la direction se fait plus consistante.

Si l’habitacle de la XJ n’a pas le cachet que dégage celui d’une XJ d’antan, il n’a rien à envier à ceux de la concurrence allemande. Adieu loupe d’orme, ronce de noyer et tutti quanti. Place à une ambiance huppée, certes, mais principalement sérieuse, voire sévère.
Si l’habitacle de la XJ n’a pas le cachet que dégage celui d’une XJ d’antan, il n’a rien à envier à ceux de la concurrence allemande. Adieu loupe d’orme, ronce de noyer et tutti quanti. Place à une ambiance huppée, certes, mais principalement sérieuse, voire sévère.

 

Irrésistible

Enfin, c’est ce que nous avons appris en feuilletant le dossier de presse de cette XE. Car les premiers kilomètres sont négociés à une allure de limace (plutôt que de félin), englués que nous sommes dans le trafic casablancais. Le mode Eco est plus propice dans ce cas de figure. Il permet au félin de se transformer en chameau, de faire bonne figure en matière de consommation (4,2 l/100 km en cycle mixte).

L’autoroute, enfin ! C’est le terrain de jeu de prédilection d’une berline comme la XE. Elle y est comme un coq en pâte ! On reconfigure la boîte dans le dessein de profiter de l’intégralité du potentiel de notre mouture. Le bloc Ingenium fait montre d’une belle réactivité. Les accélérations nous plaquent contre le dossier du siège et expédient vers les cimes l’aiguille du compte-tours. Créditée d’une vitesse maxi de 228 km/h et d’un chrono de 7,8 s dans l’exercice du à 0 à 100 km/h, la XE est aussi une championne en termes de reprises. Les dépassements sont une formalité.

Néanmoins, cette propulsion, qui est la seule de son segment à bénéficier d’une structure monocoque en aluminium, gage de légèreté, d’agilité et de rigidité, apprécie aussi les lacets des routes secondaires. Elle bondit d’un virage à l’autre, autorise de belles dérives du train arrière (multibras), tout en se montrant sécurisante et raisonnablement confortable.

Sur tous les terrains, cette XE s’avère être l’égale de ses rivales allemandes. Sur celui des tarifs aussi. Notre voiture d’essai est commercialisée à 480 000 DH. C’est 10 000 DH de moins que la BMW 320d, qui embarque un bloc à la puissance à peine supérieure (+ 10 ch) et qui dispose d’un arsenal technologique plus ou moins comparable.