Jaguar E-Pace :
«Pace» and Love

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La lettre «E», ô combien légendaire dans l’histoire de Jaguar, effectue son retour dans la nomenclature de la marque, mais pas pour désigner une GT, cette fois ! Désormais, c’est un SUV, le deuxième en date chez Coventry après le F-Pace, qui y a droit. «Shocking» ? «Not at all» ! On ne peut reprocher à Jaguar de faire du… «E»-commerce, et encore moins d’essayer, après la copieuse mise en bouche qu’a été le F-Pace, d’obtenir une part de gâteau plus grande sur le marché des SUV…

Jaguar, qui possède le quatrième plus beau palmarès de l’histoire des 24 Heures du Mans avec 7 victoires en LMP1, a «osé», avec le F-Pace, sa première incursion dans l’univers des SUV plus d’une décennie après la jurisprudence Cayenne. Sachant que Porsche détient le record absolu de victoires au palmarès de l’épreuve mancelle (19 couronnes), même les défenseurs les plus zélés du temple Jaguar ne peuvent faire la fine bouche ou fustiger la démarche du constructeur…

Il est on ne peut plus légitime que Jaguar se laisser porter par la déferlante SUV, que cette marque, qui a été, maintes fois au cours de son existence, en proie à d’âpres difficultés financières, mette à son tour du beurre dans les épinards comme l’ont fait récemment Maserati, ou encore Bentley, et comme le feront bientôt Lamborghini, Rolls-Royce… D’autant que, pour ne rien gâter, le E-Pace est une tuerie ! Lancé fin 2015, le F-Pace, a été l’artisan principal du record historique de ventes réalisé par la manufacture de Coventry en 2016, avec pas moins de 148 730 exemplaires écoulés, soit une progression de 77% par rapport à l’année d’avant.

Ce SUV premium de catégorie moyenne, concurrent des Audi Q5, BMW X3, Mercedes GLC, ou encore du Porsche Macan, s’est emparé, dès la première année de sa commercialisation, du statut de best-seller de la marque sur ses marchés les plus porteurs. A ce jour, le F-Pace a séduit plus de 100 000 automobilistes à travers le monde.

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Rencontre du deuxième type (E ou F ?)

Aujourd’hui, Jaguar veut refaire le même coup avec le E-Pace. Le «rejeton» du F-Pace s’attaque au segment des SUV compacts premium, dominé par le triumvirat allemand composé de l’Audi Q3, du BMW X1 et du Mercedes GLA, mais aussi par le cousin Range Rover Evoque (Land Rover appartient aussi à Tata Motors), à qui le E-Pace emprunte sa plateforme, certains de ses équipements et plusieurs de ses motorisations, soit dit en passant.

Selon ses designers, le look du félin surélevé est plus proche de celui de la sportive F-Type que de celui du F-Pace ou de l’Evoque. Il est vrai qu’il reprend certains des gimmicks agressifs de la GT, notamment les entrées d’air imposantes au niveau du bouclier, l’épaulement athlétique au niveau des ailes arrière (legs de la Type E), la découpe des surfaces vitrées latérales… On ne va pas se mentir, néanmoins : le E-Pace présente une ressemblance étroite avec le F-Pace. Long de 4,39 m, il lui rend 33 cm, mais se signale par la même silhouette, les mêmes proportions, le même becquet imposant qui surligne le pavillon arrière…

A l’intérieur, en revanche, c’est bien la F-Type qui a servi de source d’inspiration principale. Certes, l’ambiance à bord n’est pas très éloignée de celle du F-Pace, mais c’est à la GT que le nouveau SUV doit sa poignée de maintien solidaire de la console centrale côté passager, ainsi que son levier de vitesses classique (le F-Pace dispose, comme les XF et XJ, du sélecteur rotatif escamotable).

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E comme excellence

Comme toute la smala des félidés british, le E-Pace bénéficie d’une qualité de fabrication ne prêtant pas le moins du monde le flanc à la critique. Jaguar a passé les matériaux au tamis de l’excellence. La noblesse des peaux employées le dispute à la précision chirurgicale des ajustements, des surpiqûres, etc. La dotation technologique est également particulièrement satisfaisante, notamment en matière de connectivité. L’ensemble multimédia et l’écran central qui lui sert d’interface sont les mêmes que ceux qu’embarque le F-Pace. Par contre, comme souvent, il faut opter pour les versions hautes ou puiser dans le catalogue d’options, qui devrait être épais comme le Bottin (ou le brouillard) de Londres, pour tutoyer les sommets du faste à l’anglaise.

Ainsi, l’instrumentation analogique peut céder la place, moyennant finances ou en jetant son dévolu sur le haut de gamme HSE, à un affichage numérique (écran TFT de 12,3 pouces). Idem en ce qui concerne le très utile affichage tête haute. La version de base du E-Pace ne devrait pas non plus disposer de série de la borne Wi-Fi 4G, qui permet d’apparier jusqu’à 8 smartphones ou tablettes… Pour plus d’exclusivité, le pack R-Dynamic offre, en plus d’un kit carrosserie extérieur de toute beauté, des sièges sport avec surpiqûres contrastées, des seuils de portes et un pédalier en acier inoxydable, des palettes de vitesses au volant, tandis que ce dernier (le volant) porte la mention R-Dynamic.

Enfin, en matière d’habitabilité et de praticité, parce qu’il partage la base roulante de l’Evoque, le E-Pace présente des cotes d’habitabilité et une capacité de chargement (577 dm3) quasiment analogues. La garde au toit devrait être plus généreuse, cependant, le parent de la branche Land Rover payant son pavillon plongeant façon Coupé.

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Hit the road, Jag’…

Mais une Jag’ n’est pas qu’un boudoir anglais à quatre roues. SUV ou pas, elle doit se montrer aussi féroce que le félin originaire du continent américain à qui elle doit son nom. Ce n’est pas gagné parce que le E-Pace affiche sur la balance un poids proche de celui du F-Pace (près de 1,8 tonne pour la version équipée du moteur le plus léger).

Donnant le choix entre deux transmissions (aux roues avant ou intégrale) et cinq motorisations pour ses débuts, trois Diesel et deux essence, le E-Pace pourrait donc faire montre, à l’instar de l’Evoque, d’un petit déficit de dynamisme sur les versions équipées des quatre-cylindres turbodiesel 2.0 l de 150 ch et 180 ch. Toutefois, la boîte auto ZF à 9 rapports, disponible de série à partir des finitions intermédiaires, devrait gommer autant que faire se peut ce manque de souffle relatif. La version D150 atteint une vitesse de pointe de 199 km/h et accélère de l’arrêt à 100 km/h en 10,1 s. Pas de quoi rugir de plaisir, mais rien de rédhibitoire non plus…

Pour plus de sensations au volant, il faut opter pour la variante la plus puissante du bloc Diesel, qui envoie 240 ch et 500 Nm aux quatre roues et qui est créditée d’une v-max de 224 km/h et de 7,4 s dans l’exercice du 0 à 100 km/h.

Côté essence, les deux quatre-cylindres suralimentés de deux litres de cylindrée devraient faire le boulot proprement eux aussi, qui jouissent de 249 ch et 300 ch. La version P300 offre des performances de premier plan : 243 km/h en pointe et 0 à 100 km/h abattu en 6,4 s.

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Il vise le Jag’pot

Avec son E-Pace, Jaguar se donne les moyens de refaire le coup du F-Pace. Le succès du benjamin des SUV de la marque peut même être plus grand que celui de son aîné. En Europe, ses tarifs sont aussi concurrentiels que ceux de ses rivaux allemands. Comptez un peu plus de 35 000 euros (400 000 DH environ) pour un E-Pace D150 à deux roues motrices. Le statut de best-seller et de la famille et de sa catégorie est un objectif qui semble accessible.