Ford Focus :
Opération reconquête !

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En règle générale, quand il est question de remplacer un best-seller, les constructeurs ne repartent pas d’une feuille blanche. Ils se replient sur leurs acquis tout en peaufinant ou en rectifiant ce qui doit l’être. Ford n’a pas agi de la sorte et a tout remis à plat, ou presque, pour la quatrième génération de sa Focus. Avec un bonheur certain.   

Vendue à plus de 16 millions d’exemplaires à travers le monde depuis 1998, la Focus est l’un des joyaux de la gamme européenne de Ford. Vingt ans après les débuts de la première génération de la compacte à l’ovale bleu, la Focus quatrième du nom fait évidemment fructifier l’héritage considérable que ses aînées lui ont transmis. Pour autant, cela ne signifie pas qu’elle fait preuve de conservatisme.

Ford a pris le contrepied de certaines marques rivales, qui se contentent de faire progresser leurs «stars» à doses homéopathiques. Sa nouvelle Focus change tout, ou presque : base roulante inédite, arsenal technologique largement updaté, nouvelles motorisations et nouvelle variante de carrosserie…

C’est une véritable révolution, quand bien même il est plus judicieux de parler d’évolution au plan esthétique, l’air de famille entre le nouvel opus et celui qu’il est destiné à remplacer étant flagrant, surtout au niveau de la face avant, du fait de l’indéfectible et élégante calandre façon Aston Martin. Cet élément de carrosserie est plus épuré, désormais, et en même temps plus imposant. Les feux qui l’enserrent gagnent en prestance et participent à l’embourgeoisement général du modèle, à la faveur d’une signature lumineuse autrement plus moderne.

Au niveau du profil, l’élégance est de mise, avec un capot avant qui a été allongé et qui est joliment nervuré, des montants de pare-brise reculés, des passages de roues moins renflés que ceux de la génération sortante et des lignes de flanc plus ouvragées. A l’arrière, enfin, les feux ont été affinés et bénéficient d’un look moins torturé, moins baroque, plus «géométrique», tandis que le sigle «Focus» prend ses aises sous la lunette arrière. La silhouette est globalement plus fluide et plus «sexy», plus latine que jamais.

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Style à la carte

La nouvelle Focus, c’est aussi un style à la carte, grâce à l’apparition de nouvelles finitions aux différences cosmétiques plus marquées qu’avant et d’une variante «loisirs» inédite. Il est désormais possible de choisir entre quatre finitions, à savoir la version d’appel Trend, la finition intermédiaire Titanium, le haut de gamme Vignale et sa calandre chromée et, enfin, l’exécution sportive ST Line, au look résolument sportif (bouclier avant plus enveloppant, bouclier arrière doté d’un extracteur belliqueux, etc.).

Par ailleurs, en plus des variantes break et sedan, qui seront commercialisées sur les marchés friands de ce type de carrosseries, Ford a conçu la déclinaison Active, qui est une Focus surélevée (+3 cm au niveau de la garde au sol) et dotée de l’accoutrement du parfait baroudeur : élargisseurs d’ailes noirs, sabots de protection avant et arrière au traitement alu…

Du fait de l’adoption de la nouvelle plateforme technique C2, la Focus présente une longueur accrue de 2 cm, un empattement allongé de 5,3 cm et des porte-à-faux rabotés. Cette base roulante a donc une incidence sur le look de la Focus, même si elle impacte principalement son habitabilité et son volume de chargement (388 dm3, soit 25 dm3 de mieux qu’avant), de même que son contenu technologique, qui effectue un bond en avant significatif, au point de titiller des modèles appartenant à des segments supérieurs.

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Bond technologique

Cette mise à jour technologique, on la perçoit clairement en découvrant l’habitacle de la nouvelle génération, très correctement fini, par ailleurs. Le très valorisant écran tactile de 8 pouces surplombe la console centrale (quand il en envahissait une bonne partie auparavant) et commande le système d’infotainment SYNC 3, qui devrait permettre à la Focus de faire la course en tête dans son segment tant en matière de connectivité : technologies Apple CarPlay et Android Auto permettant de gérer via l’écran un Smartphone et les applis qu’il recèle, hotspot Wi-Fi pouvant «alimenter» jusqu’à 10 appareils en Internet…

Cette interface fait également du bien en termes d’ergonomie, le clair des fonctionnalités du véhicule pouvant dorénavant être configuré par son truchement.

Notons, du reste, l’apparition, dans la longue liste d’équipements, d’une recharge de Smartphone par induction, de l’affichage tête haute ou du Co-Pilot360, système de conduite autonome de niveau 2 (sur 5). Ce copilote optionnel permet à la Focus d’afficher un niveau de sécurité inégalé dans son segment en faisant appel à des capteurs et à des caméras ainsi qu’à un chapelet de systèmes d’aides à la conduite comme un régulateur de vitesse adaptatif avec fonction arrêt/redémarrage et lecture des panneaux, un système d’alerte pour les angles morts, un système de freinage automatique d’urgence  avec détection de piéton, ou encore un assistant de maintien dans la voie. Le système peut ainsi freiner automatiquement afin d’éviter ou de minimiser une collision frontale, agir sur la direction dans le dessein de ramener le véhicule au centre de la voie en cas de changement de file dangereux…

L’électronique veille au grain, mais la Focus est d’abord une voiture à conduire. Forte de trains roulants au-dessus de tout soupçon, pouvant recevoir, en option, une suspension active CDD, et plus légère de 88 kg (au maximum), grâce à sa nouvelle plateforme modulaire, qui affiche 33 kg de moins que celle d’avant sur la balance, mais aussi grâce aux efforts fournis par les «diététiciens» maison sur la carrosserie (-25 kg) et sur les matériaux intérieurs (- 17 kg, ce qui est un exploit, sachant que la qualité perçue progresse de manière sensible), la Focus devrait vraisemblablement se montrer plus dynamique. Plus sobre aussi, à motorisations équivalentes.

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Cinq blocs pour débuter

Sans transition, la Focus «new age» peut compter, pour ses débuts, sur cinq motorisations. L’offre essence se compose de deux 3-cylindres suralimentés. Le très petit et néanmoins très technologique 3-cylindres 1.0 l développe trois niveaux de puissance (85 ch, 100 ch et 125 ch), tandis qu’un 1.5 l inédit donne le choix entre 150 ch et 182 ch. En ce qui concerne les moteurs à huile lourde, ce sont deux 4-cylindres diesel qui se partagent l’affiche : le 1.5 l EcoBlue développe 95 ch ou 120 ch, quand ceux à la recherche d’un peu plus de punch opteront probablement pour le 2.0 l de 150 ch. Ces blocs peuvent travailler de concert avec une boîte mécanique à six rapports ou avec une transmission automatique disposant de deux rapports en rab.

Produite en Allemagne à Sarrelouis, la nouvelle Focus devrait débarquer en fanfare en Europe, courant juillet. En France, elle sera commercialisée à partir de 19 550 euros en essence (225 000 DH environ) et de 22 150 euros en diesel (250 000 DH environ. L’augmentation est assez significative, mais néanmoins logique, au vu de la montée en gamme globale.

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