Dieselgate :
Mercedes rattrapé par la patrouille !

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L’hebdomadaire allemand «Bild am Sonntag» vient de lâcher une bombe : trois ans après le groupe Volkswagen, un autre constructeur allemand serait sur le point d’être éclaboussé par le Dieselgate. Selon le titre de presse précité – qui n’a pas l’habitude de balancer des fake news -, des enquêteurs américains auraient obtenu des preuves de l’utilisation de logiciels truqueurs par le groupe Daimler.

En 2015, les dirigeants du groupe Volkswagen ont avoué avoir installé des logiciels truqueurs sur les moteurs TDI des marques automobiles leur appartenant afin que les modèles concernés puissent passer entre les gouttes des contrôles antipollution. Trois ans plus tard, c’est au tour d’un autre groupe allemand, Daimler, en l’occurrence, d’être dans l’œil du cyclone.

En effet, dans son dernier numéro, l’édition dominicale du quotidien allemand «Bild» a affirmé être en possession de documents officiels où il est stipulé que des enquêteurs américains sont parvenus à mettre la main sur un logiciel truqueur monté sur des blocs Diesel du constructeur à l’Etoile.

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Selon lesdits documents, ce logiciel, capable de rendre plus vertueux, moins polluants, les modèles Diesel de la firme de Stuttgart, serait en mesure de savoir quand le moteur auquel il est greffé est soumis à un test antipollution, et ce en décelant un changement dans le comportement général du véhicule. Ensuite, il fait en sorte que les émissions de CO2 du moteur soient beaucoup plus faibles que d’habitude. Enfin, le logiciel cesse de fonctionner 26 kilomètres après l’arrêt des tests.

La justice américaine n’a pas encore mis en cause Daimler de manière officielle, mais le journal allemand indique que cela ne saurait tarder, assurant que le dossier que les enquêteurs ont en leur possession est en béton. Ils disposeraient, entre autres, d’échanges «e-pistolaires» entre les ingénieurs de Daimler, de mails dans lesquels ces derniers s’interrogent sur les risques qu’ils encourent en faisant usage d’un tel software.

«Aucune plainte n’a été déposée. (…) Les documents entre les mains de Bild ont été à l’évidence publiés de manière sélective afin de nuire à Daimler et à ses 290 000 employés», a commenté un porte-parole de Daimler. Quoi qu’il en soit, Daimler a déclaré que les enquêtes en cours aux Etats-Unis et en Allemagne pourraient avoir pour conséquence des amendes records et des rappels massifs de véhicules.

Truquage pur et dur

Il y a lieu de noter que Mercedes-Benz a procédé en juillet 2017 à une mesure de rappel de véhicules Diesel de grande envergure en Europe. Plus de 3 millions de modèles à l’Etoile ont ainsi été rappelés. Ils exploitaient une faille réglementaire, ce qui leur permettait de désactiver, dans certaines conditions, le filtrage des émissions polluantes. Il s’agissait alors d’un procédé pas très «éthique» (en porte-à-faux de la position officielle de la marque allemande en matière de lutte contre la pollution atmosphérique), mais néanmoins légal. La donne est différente aujourd’hui. Cette fois, il serait question de truquage pur et dur, comme cela avait été le cas dans l’affaire des TDI truqués de Volkswagen. Affaire à suivre !