Bentley Continental GT 6.0 W12 :
Icône Glamour

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La Bentley continental GT endosse une nouvelle robe bien plus élégante et des dessous forts excitants, sans renier ses origines de belle aristocratique anglaise. Essai exclusif.

Mécanique d’orfèvre, finition hors du commun, ligne sublime, les superlatifs ne manquent pas pour désigner la troisième génération de la Bentley Continental GT. Cette héritière de la Continental R type de 1952, la «quatre places» la plus rapide de l’époque, convoite désormais le statut de «la meilleure GT du monde», dixit Benno Brandlhuber, directeur de la ligne de produit. Certes, la belle anglaise a réussi, au fil des décennies, à subjuguer ses adorateurs par sa forme immuable. Néanmoins, il ne faut pas se fier aux apparences ! Bentley a bel et bien fait évoluer la Continental, cru 2018, et les modifications apportées dépassent en réalité les inédits feux à diodes taillés sous forme de pierres précieuses, ou encore le bouclier arrière redessiné. Ces subtiles retouches esthétiques ne sont qu’un prétexte pour accompagner les progrès techniques. Et sur ce plan, elle offre le top !

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Forme sculpturale

Racée, la Continental GT porte au bout du capot la célèbre calandre massive et l’initiale «B» de Walter Owen Bentley, fondateur de la marque en 1919. Faut-il le rappeler, Bentley a raflé 5 victoires aux 24 Heures du Mans pendant les années 20. Mais ça, c’était avant ! Aujourd’hui, le dessin des phares LED Matrix s’inspire des cristaux taillés, reflétant la lumière comme une pierre précieuse. Telle impression est sublimée par l’allumage progressif des phares, optionnel, à mesure que le conducteur s’approche du véhicule.

L’allure athlétique du profil, la Continental la doit à une hauteur de caisse basse, au porte-à-faux avant court (-135 mm par rapport au précédent modèle), ainsi qu’au long capot plongeant vers l’avant. Soulignant la carrosserie depuis les phares jusqu’aux jupes arrière, les courbes emblématiques Bentley constituent une signature incontournable. Dans ce même esprit, le traitement de la partie arrière est plus audacieux avec des feux en ellipse reprenant la forme des sorties d’échappement. Pour le reste, la grande GT s’appuie sur des jantes 21’’ disponibles de série en deux types de design, alors que les jantes forgées de 22’’ à polissage artisanal sont optionnelles.

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Écrin pullman

A véhicule d’exception, intérieur d’exception. L’écrin accueille pas moins de 10 m2 de bois précieux allié au cuir fine fleur, cousu et appliqué d’une manière artisanale. Feutrée, cette atmosphère d’inspiration «aristo» n’échappe, pourtant, pas à la contagion numérique. Le tableau de bord accueille l’écran tactile de 12, 3’’ de qualité -Retina- autorisant l’accès aux différentes fonctions. Il pivote vers l’extérieur de la planche de bord pour se mettre à disposition du conducteur, ou se dissimule à l’intérieur quand on n’a pas besoin de lui.

Autre signe de modernité, l’installation audio standard est dotée de 10 haut-parleurs et délivre une puissance de 650 watts. Les heureux propriétaires pourront toujours opter pour la sono très haut de gamme : Naim, qui s’accompagne de 18 haut-parleurs, assortis d’une montée en décibels de 2 200 watts. Il faut le faire !

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12 pattes de velours

La Continental GT est un must du haut de gamme, appréciable pour ses performances inédites. A l’occasion de ce renouvellement, la Conti reconduit le tonitruant 6.0 litres W 12, dont la puissance est boostée à 635 ch, au lieu de 616 sur la GT Speed de 2012. A la base, le W12 fait association entre deux V6, architecture qui permet de réduire sa longueur de 24%, comparativement à un bloc V 12 standard. A l’aune de la cavalerie (635 ch), la transmission à 8 rapports et double embrayage encaisse sans broncher les 900 Nm. Sans surprise, les performances sont au rendez-vous avec une vitesse de pointe de 333 km/h et le 0 à 100 km/h abattu en 3,7 s, soit seulement 3 km/h et 0,2 s de moins que la déclinaison Supersport de 710 ch.

Pour mettre en évidence les progrès techniques de la nouvelle Conti, la firme anglaise a convié des journalistes spécialisés à prendre le départ de Kitzbühel, en Autriche, de traverser ensuite toute la région des Alpes pour atteindre la Haute Engadine, en Italie. Plus à l’aise sur autoroutes, la belle anglaise se montre tout de même efficace sur routes sinueuses. Il faut avouer que nous étions bluffés par son agilité déconcertante à mesure que nous remontions les Alpes enneigés. Dire que sa transmission à 4-roues motrices négocie d’aplomb les lacets en épingle des cols, c’est un pur euphémisme. Franchement, on a rarement conduit aussi sereinement un mastodonte faisant plus de 4,80 m et presque 2,3 tonnes, dans des conditions plutôt extrêmes. Faire qu’un engin, d’une telle trempe, soit capable de titiller les 333 km/h n’est pas un sport d’amateur, et là il faut bien reconnaitre que les ingénieurs de chez Bentley jouent dans la cour des grands.

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Autre sophistication, le carénage a fait l’objet d’un traitement particulier : l’air, savamment drainé sous le châssis, renforce considérablement l’appui aérodynamique du bolide.

Politique du groupe Volkswagen, la GT anglaise partage la même plateforme, moulée en aluminium et en acier léger, que la toute dernière Porsche Panamera. Tout comme elle tire parti des matériaux, aussi innovants que malléables, autorisant la mise en forme des rondeurs très subjectives de la carrosserie. Malléables, lesdits matériaux n’en demeurent pas moins légers, contribuant au gain de 85 kg de la masse totale de l’engin, soit 20% par rapport à la structure de l’ancien modèle.

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Enfin, tout laisse croire que l’omnipuissante version de lancement (W12 – 635 ch) se renforcera bientôt d’une autre plus sage, à savoir la V8 «downsizé» de 507 ch, qui officiait sous le capot du précédent modèle. Il n’est pas non plus exclu qu’une déclinaison hybride surgira ultérieurement dans la gamme.

Au final, la nouvelle Bentley Continental GT (dessinée, conçue et fabriquée en Angleterre) ne renie nullement ses origines aristocratiques, pas moins son positionnement tarifaire. Très exclusif au demeurant. Ceux qui comptent s’offrir les services de la charmante anglaise doivent, néanmoins, préparer un chèque de 3 millions de dirhams. Et oui, les belles «aristos» coûtent trop cher !

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