Assurance auto :
La sinistralité en hausse de 25%

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Le secteur des assurances s’inquiète de la hausse de la sinistralité automobile. Les intervenants dans cette branche d’activité n’ont pas exclu d’exiger des ajustements tarifaires pour maintenir leur solvabilité. Ils évoquent aussi le durcissement de la réglementation pour lutter contre la fraude.

La sinistralité automobile est repartie à la hausse ces dernières années avec une progression qui culmine à 25% en 2017. Une situation qui inquiète les intervenants du secteur. Interrogé à ce sujet par nos confrères de Finances News Hebdo, Othman Elalamy, secrétaire général de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), a confirmé ce constant. «La sinistralité automobile a enregistré une hausse entre 2015 et 2016. La charge globale des prestations relatives à l’assurance RC et les autres garanties annexes ont augmenté de 14%.

La charge des prestations afférentes aux garanties annexes a, elle, progressé de 25%. D’une manière générale, on constate une aggravation du ratio sinistralité/prestation combiné de la catégorie automobile». Une étude a été lancée par les professionnels du secteur pour identifier les raisons de cette progression. La hausse de la tarification n’est pas exclue.

«L’autorité compte entamer le chantier de la tarification de l’assurance automobile avec les opérateurs du secteur dès que les résultats de cette étude seront disponibles. Il faut noter que le tarif de l’assurance automobile est devenu libre depuis 2006. Désormais, l’ACAPS ne peut intervenir que pour fixer les critères de détermination de ce tarif en cas d’application d’un tarif ne répondant pas à ces critères, ou encore, si des pratiques non conformes à la règlementation ou aux clauses contractuelles sont identifiées. Ainsi, et si cette forte sinistralité persiste, les assureurs seront amenés à apporter des ajustements tarifaires pour maintenir leur solvabilité», précise Elalamy. Les opérateurs, pour leur part, estiment que la sinistralité évolue plus vite que celle du marché.

«C’est un phénomène nouveau que les assureurs essaient de comprendre. Il est question de redoubler d’effort en matière de prévention pour limiter le risque pour les assurés. Nous devons essayer de maintenir les primes à un niveau raisonnable. Si chaque année, il y a plus de 25% d’accidents matériels, c’est sûr qu’il faut majorer les primes d’assurance», précise Philippe Rocard, PDG d’Axa Assurance Maroc.

Par ailleurs, la question de la fraude à l’assurance est aujourd’hui évoquée par les professionnels. Le secteur est actuellement en train de mettre en place un dispositif pour l’identification et le suivi des cas de fraude. L’ACAPS apportera sa contribution dans ce cadre à travers des actions d’information et de sensibilisation des assurés.