Analyse :
Ogier et M-Sport, même combat !

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C’est avec panache que Sébastien Ogier, actuel sociétaire de l’écurie M-Sport, a remporté le Monte Carlo, première épreuve du championnat du monde des rallyes (WRC), au volant de sa Ford Fiesta RS WRC. Une victoire riche en enseignements qui démontre, une fois de plus, que le couple Ogier-Ingrassa est pétri de talent.

Pour leur première participation au volant de la nouvelle Ford Fiesta WRC, préparée par l’écurie M-Sport, Sébastien Ogier et Julien Ingrassa, son copilote, se sont adjugés le rallye Monte-Carlo en janvier dernier. Pourtant, rien ne laissait présager une telle victoire, tant Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul, au volant de leur Hyundai I20 WRC, étaient au-dessus du lot. Une petite touchette dans l’épreuve spéciale n°13 a ruiné les espoirs de victoire du duo belge, relégué dans les profondeurs du classement. De quoi permettre à Ogier, qui était alors en deuxième position, de prendre les commandes de ce rallye pour ne plus jamais les lâcher. Une victoire salutaire pour Ford, mais surtout pour Malcom Wilson, le patron de M-Sport, qui engage les nouvelles Fiesta RS WRC. Faut-il préciser qu’au contraire de Citroën, Hyundai et Toyota qui sont engagés en nom propre en WRC, Ford n’apporte qu’une assistance technique en termes de développement à M-Sport, l’écurie anglaise ne bénéficiant pas pleinement du soutien financier de Ford.

Un sacré défi pour Ogier

Empêtré dans le scandale du «dieselgate», Volkswagen s’est attelé à réduire la voilure dans bien des domaines. Ayant glané consécutivement quatre titres constructeurs et pilotes, notamment grâce à Ogier et à la VW Polo, le groupe allemand a annoncé, fin 2016, se retirer du WRC. De quoi laisser sur le carreau sa belle brochette d’équipage, dont Ogier et Ingrassa. Le duo français a dû, en quelques semaines, retrouver un volant pour la nouvelle saison. Toujours est-il qu’à l’annonce du retrait de Volkswagen en rallye, et sachant que l’équipage champion du monde se retrouvait sur le carreau, peu de portes se sont ouvertes du côté des autres équipes officielles. Hyundai et Citroën ayant déjà confirmé leurs pilotes, il ne restait plus comme option que Toyota ou Ford, le duo Ogier-Ingrassa ayant opté finalement pour M-Sport.

Sébastien Ogier (à droite) et Julien Ingrassa, célébrant leur victoire.
Sébastien Ogier (à droite) et Julien Ingrassa, célébrant leur victoire.

M-Sport, le petit poucet

Un défi de taille ; faut-il souligner que cette équipe qui veille aux intérêts du constructeur américain, doit une fière chandelle à Malcom Wilson, ancien pilote et depuis 1997 aux commandes de M-Sport. Nombreux ont été les pilotes à défiler dans cette structure (Mac Rae, Sainz, Martin, Grönholm, Hirvonen, Latvala, Solberg…) sans jamais y décrocher un titre pilote. Seuls deux titres constructeurs ont été remportés par Ford et M-Sport en 2006 et 2007 avec la Focus WRC. Ne disposant plus pour l’instant des moyens financiers du constructeur, c’est avec acharnement et conviction que le patron anglais est arrivé à convaincre Ogier de rejoindre sa structure. Un pari qui peut s’avérer gagnant et qui permettrait à M-Sport de damner le pion aux constructeurs officiels, compte tenu du talent des équipages, de la réactivité de M-Sport et du potentiel bien réel de la nouvelle Ford Fiesta qui, faut-il le rappeler, a été développée essentiellement dans les ateliers du préparateur anglais. Certes, le championnat est encore long et les nouvelles WRC devront faire preuve de fiabilité, au regard des terrains difficiles qu’elles devront affronter tout au long de la saison, la Fiesta n’y faisant pas exception. Pour autant, le talent de Sébastien Ogier et de Julien Ingrassa, associé à la ténacité de Malcom Wilson, pourrait bien faire des étincelles et permettre (enfin) à Ford de briller à nouveau en championnat du monde des rallyes.