Alejandro Agag, fondateur et PDG de la Formule E :
“Voyons ce que nous réserve l’avenir !”

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C’est sur le Circuit Moulay El Hassan que s’est déroulé récemment et en pleine COP22 le premier Grand Prix de Formule E en terre marocaine, voire africaine. Un événement sportif qui a tenu toutes ses promesses, tant sur le plan sportif que sur celui de l’organisation. L’occasion de faire le point sur cette course et sur son devenir dans le Royaume avec Alejandro Agag, fondateur et actuel PDG de la Formule E.

Autonews : Votre actualité est double. C’est la première fois qu’un Grand Prix de Formule E est organisé en terre marocaine, voire sur le continent africain. Aussi, vous étiez partenaire officiel de cette COP22. Qu’en retenez-vous ?

Alejandro Agag : Je pense qu’organiser la Formule E au Maroc s’avérait un choix naturel, d’autant que l’ePrix de Marrakech était le partenaire officiel de la COP22. C’est effectivement la première fois qu’un Grand Prix de Formule E est organisé sur le continent africain, ce qui reflète une demande croissante de solutions de mobilité électronique à travers le monde. A vrai dire, cette discipline sportive représente une vision pour l’avenir de l’industrie automobile. Elle facilite le développement des dernières innovations en matière de technologie de véhicules électriques et de solutions énergétiques alternatives. Aussi, se retrouver à Marrakech, qui plus est dans le cadre de la COP22, a été pour nous un immense honneur.

Autonews : Cela fait trois ans qu’a été lancé le championnat de Formule E. Quelle est sur le plan sportif à ce jour votre évaluation sur ce championnat ?

A.A. : Depuis son lancement, la Formule E a attiré plusieurs grands noms du sport automobile, aussi bien des pilotes, des propriétaires d’équipes, que des constructeurs automobiles et autres partenaires de renom. Ainsi, Sébastien Buemi, champion actuel de la discipline, a couru en Formule 1 et a remporté le championnat du monde d’Endurance dans la catégorie LMP1. Aussi, il se heurte à une vive concurrence avec des pilotes talentueux comme Lucas di Grassi, Nicolas Prost, Sam Bird, Nelson Piquet Jr, Jean-Eric Vergne, Nick Heidfeld et beaucoup d’autres, qui rêvent de lui dérober son titre de champion. Nous avons également dans notre discipline Jose Maria Lopez, trois fois champion du monde des voitures de tourisme (WTCC). Enfin, nous avons pu compter également sur la présence d’éminentes personnalités, dont Sir Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, anciennement impliqué dans l’équipe DS Virgin Racing, et Alain Prost, quatre fois champion du monde de Formule 1, qui est cofondateur du team Renault e-Dams.

Autonews : Qu’en est-il du volet technique ?

A.A. : Vous savez, la course automobile a toujours favorisé le développement technologique dans l’industrie automobile. C’est aussi le cas avec les bolides de la Formule E dont les technologies éprouvées en course sont ou seront par la suite réintroduites dans les véhicules de série. Auquel cas, cette discipline est un véritable laboratoire dans lequel opèrent des constructeurs automobiles de renom, tels Audi, DS, Jaguar, Mahindra et Renault, voire des opérateurs automobiles comme Faraday Future, NextEV, en plus des principaux fabricants de composants comme Schaeffler et ZF. Faut-il préciser que BMW et Mercedes sont sur les rangs pour intégrer dans le futur la Formule E.

Autonews : Où en êtes-vous avec «Roborace», cette nouvelle série de course alignant des voitures autonomes que vous souhaitez lancer en amont du Grand Prix de Formule E ?

A.A. : Je suis convaincu que l’avenir du transport et de la mobilité passe par l’électrique, les véhicules autonomes et connectés. «Roborace» incarne ce que nous sommes capables de réaliser avec plusieurs sociétés scientifiques et technologiques novatrices. La «DevBot», c’est le nom du prototype roulant de cette nouvelle série, est toujours sur la voie de la collecte d’informations et de données sur de nombreux circuits et a réussi avec succès un certain nombre de tours autonomes sur la piste de Marrakech.

Autonews : Justement, le GP de Marrakech sera-t-il programmé la saison prochaine ?

A.A. : Je ne peux rien vous dire pour le moment. Nous avons commencé le processus de sélection pour la saison 2017/2018 et nous prendrons une décision, au plus tard, l’année prochaine. Nous espérons courir en Afrique, plus particulièrement à Marrakech qui constitue l’une de mes villes préférées. En tout cas, cela a été très agréable de regarder des bolides électriques avec, en arrière plan, les murs de la ville de Marrakech. Voyons ce que nous réserve l’avenir…