Mercedes-AMG GT S Coupé :
L’inaccessible étoile

0
289

Piqué au vif par le succès sans fin de la Porsche 911, Mercedes-AMG rétorque en lançant toute une famille de coupé GT, bolide «étoilé», dont l’allure massive et racée rime avec un agrément de conduite de supercar. Récit d’un essai exclusif.

On en a rêvé depuis fort longtemps, Michelin l’a réalisé le mois dernier. Le fabricant français de pneumatique a rassemblé une armada de superscars, sur le célèbre Thermal Racetrack de Palm Springs (USA), dans le but de les mettre à la disposition de quelques journalistes essayeurs, triés sur le volet. L’objectif étant essentiellement de tester la nouvelle gamme de pneus Michelin PS4S destinée aux voitures de sport. En même temps, cette concentration de voitures sportives donne, bien sûr, l’occasion de jauger l’agrément mécanique et les performances dynamiques de quelques bolides de rêve. La liste des «conquêtes» californiennes compte : Lamborghini Aventador, Porsche 911 Turbo, Ferrari Lusso, Bentley continental GTC… et, bien sûr, la Mercedes-AMG GT S, un modèle particulièrement intéressant, puisque sa commercialisation vient de démarrer dans le Royaume.

Mercedes

Famille nombreuse

Pour planter le décor, un petit aperçu chronologique sur la naissance et l’évolution de l’AMG GT, n’est pas inutile. Apparue en 2014, la remplaçante de l’emblématique Mercedes SLS a été développée de bout en bout par les ingénieurs maison AMG, filiale sportive du constructeur Mercedes-Benz. A peine lancé, ce coupé entama une terrible course à l’armement. Au lancement, l’AMG GT standard disposait déjà d’un tempérament d’enfer (476 ch), mais elle fut bientôt supplantée par la version GT S, dont la puissance a été revue à la hausse (+ 48 ch, soit une cavalerie totale de 522 ch). L’opération «déclinaison» se poursuit autour de ce modèle, d’abord avec la variante découvrable, la GT Roadster
(476 ch), aussitôt suivie par la version GT C Roadster (557 ch). Et voilà que la cadence s’emballe avec la sortie de l’AMG GT R qui fait encore monter les enchères (585 ch). Et ce n’est pas fini, puisque le GT Concept (voir page 6), annonçant un futur coupé 4-portes, a bel et bien fait sensation au dernier Salon de Genève. Voilà donc où se situe la Mercedes AMG GT S, objet de notre essai.

14C875_005

Style éclectique

Assemblée dans l’usine de Sindelfingen (Allemagne), l’AMG GT est d’une construction vraiment moderne. Aussi rigides que légères, la caisse et la carrosserie sont taillées dans des matériaux sophistiqués, où l’aluminium intervient à hauteur de 90%. Ce n’est donc pas un hasard si le poids de sa structure ne dépasse point 230 kg. Côté design, la ressemblance entre le défunt SLS et le nouveau GT est frappante, sauf à l’arrière, entièrement redessiné, où l’on constate l’apparition d’un large hayon à la place du couvercle du coffre. Globalement, son style se montre plutôt éclectique, empruntant un soupçon à l’aspect de la Jaguar F-Type et un zeste à l’arrière de la Porsche 911. Mais il s’en démarque complètement par son caractère trempé, notamment à l’avant, aussi agressif qu’original, avec sa grille de calandre diamant tridimensionnelle où trônent l’énorme étoile et l’inscription AMG. Ici, les projecteurs LED hautes performances, soulignés de feux de jour bien stylisés, sont du plus bel effet, alors que les prises d’air surdimensionnées jouent doublement leur rôle en canalisant l’air frais au bloc V8 tout comme elles réduisent la portance aérodynamique de l’engin. Voilà pour le ravissement des yeux, quant au confort à bord, la qualité perçue du mobilier dénote de l’exubérance signée Mercedes. L’ambiance est totalement dédiée à la sportivité, et les matériaux haut standing savamment ajustés et assemblés lui permettent de faire mieux que la Porsche 911, jusque-là référence en la matière. L’écran tactile, situé au point de mire de la planche, surplombe la console centrale aux allures de console de jeux, abritant l’essentiel des boutons de pilotage. On déplore cependant la profusion de ces boutons, tout au moins leur position peu ergonomique et trop éloignée sur le tunnel de la console. Côté rangements, le coupé allemand n’est pas le premier de la classe, mais offre tout de même un coffre assez spacieux, dont la commande d’ouverture se trouve bizarrement en haut du pare-brise.

L’AMG GT sait aussi recevoir en offrant une position de conduite idéale. Au volant, on est interpellé par l’assise ultrabasse, et le parfait maintien procuré par le rembourrage des sièges baquet. Néanmoins, sur le plan de la visibilité, le conducteur n’est malheureusement pas vraiment gâté : devant, derrière ou sur les côtés, les angles morts sont multiples. Circuler en ville, vous l’aurez compris, n’est pas une sinécure. Cela dit, le terrain de jeu de l’AMG GT S se trouve principalement, sinon sur circuit, du moins sur les grands axes. Et dans ces conditions-là, elle devient irréprochable.

Mercedes 2

Un peps implacable

Un simple appui sur le bouton Start réveille le V8 de 522 ch et 650 Nm qui sommeille sous le long capot dans un vrombissement sourd et caverneux. Et, il faut bien reconnaître que dans le domaine de la musicalité, les sorciers d’Affalterbach jouent dans la cour des grands: car ils ont réussi à rendre ce V8 bien audible, malgré ses 2 turbos. Il va sans dire que la sonorité de l’échappement est liée au mode de conduite sélectionné – Confort, Sport, Sport Plus ou Race -, qui agit naturellement sur le réglage de la direction, de l’accélérateur et de l’amortissement. Comme il fallait s’y attendre, les performances sont au rendez-vous avec une Vmax de 310 km/h et le 0 à 100 km/h catapulté en 3,8 s.

Cette débauche de peps est mise en ordre par la boîte robotisée à 7 rapports Speedshift. Vive et précise en mode automatique, elle se révèle facilement utilisable en mode manuel, le mieux adaptée pour s’éclater sur circuit. Petite coquetterie toutefois, notre modèle d’essai disposait du Pack Dynamic Plus qui raffermit la direction et les suspensions, ce qui rend les accélérations très vigoureusement tapecul. Heureusement que le débattement des amortisseurs est peu encombrant, de même que la largeur des pneus Michelin Pilot Sport 4S-295/30 ZR 20 – offre une parfaite adhérence avec la chaussée, assortie d’un irréprochable grip latéral dans les lacés. Enfin, l’AMG GT S a aussi l’avantage d’être un peu sobre avec une consommation mixte d’environ 10 l/100 km, mais devient franchement gourmande si l’on abuse de l’accélérateur, autour de 16 l/100 km. Au final, il faut préciser que l’importateur de Mercedes dans le Royaume, ne manque pas d’audace en commercialisant d’un seul coup l’ensemble de la gamme GT, dont les tarifs s’échelonnent entre 1 650 000 DH pour la GT Coupé et 2 240 000 DH pour la version GT R. Proposée à 1 890 000 DH, notre modèle d’essai (GT S), bien qu’inaccessible, s’annonce comme étant la bonne valeur médiane de la gamme. Toutes proportions gardées, cela s’entend.